Kinshasa : l’approche clarification des valeurs recommandée pour améliorer l’accès à l’avortement sécurisé

Kinshasa, 19 mars 2026 (ACP).- L’approche dénommée Clarification des valeurs et la transformation des attitudes (CVTA) a été recommandée mercredi à Kinshasa, lors d’une session de sensibilisation des leaders communautaires, pour améliorer l’accès des femmes et adolescentes aux services d’avortement sécurisé en République démocratique du Congo (RDC).

« La clarification des valeurs et la transformation des attitudes constituent une approche essentielle pour amener les communautés à mieux comprendre les enjeux liés à l’avortement sécurisé, dans un contexte marqué par la stigmatisation », a déclaré Francky Miantuala, conseiller technique d’Association Congolaise pour la Libération et le Développement de la Maman Handicapée (ACOLDEMHA).

Selon lui, de nombreuses femmes et adolescentes confrontées à des grossesses non désirées recourent à des pratiques clandestines, souvent dangereuses, en raison du poids des normes sociales, des croyances et du manque d’information.

« Il ne s’agit pas de changer les valeurs des individus, mais de favoriser une réflexion critique sur leurs attitudes afin de faciliter l’accès à des soins sûrs et de réduire les décès liés à l’avortement non sécurisé », a-t-il ajouté.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Faciliter les voies d’accès durables aux soins d’avortement sécurisé en RDC », mis en œuvre en partenariat avec Ipas, avec l’appui financier des Affaires mondiales du Canada.

Au total ving leaders communautaires issus de la zone de santé de kimbaseke ont été sensibilisés aux causes du recours à l’avortement, notamment le manque d’éducation sexuelle complète, les violences sexuelles, les mariages précoces ainsi que la précarité socio-économique.

Selon l’organisateur, les données présentées indiquent que les grossesses précoces et non désirées chez les adolescentes demeurent élevées, exposant ces dernières à des complications sanitaires, notamment lors de la grossesse et de l’accouchement, ainsi qu’à des risques d’infections, de dépression et d’anémie.

Sur le plan social, ces situations entraînent souvent la déscolarisation, la marginalisation et la perpétuation de la pauvreté.

Les organisateurs ont recommandé également le renforcement de l’éducation sexuelle complète, l’accès à des services de santé reproductive adaptés et la protection contre les violences sexuelles et les mariages. ACP/

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