La RDC possède les ressources nécessaires pour nourrir sa population et l’Afrique (Un nutritionniste)

Kinshasa, 15 juin 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo (RDC) est classée parmi les pays qui possèdent les ressources nécessaires pour nourrir leur population et l’Afrique, a fait savoir lundi à Kinshasa, un nutritionniste, dans un entretien avec l’ACP, à l’occasion de la Journée mondiale contre la faim, célébrée le 15 juin de chaque année. «La République démocratique du Congo possède les ressources nécessaires pour nourrir sa population et contribuer à nourrir l’Afrique. Notre défi est de transformer ce potentiel en réalité », a déclaré le Dr Désiré Bombile, nutritionniste clinicien. Selon lui, la lutte contre la faim ne consiste pas seulement à produire davantage de nourriture. Elle exige également une meilleure éducation nutritionnelle, une bonne gestion de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, la réduction des pertes post-récoltes et l’engagement de tous les acteurs.

« La RDC fait malheureusement partie des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire et la malnutrition », a-t-il poursuivi, avant de préciser : « Il est important de souligner que la faim ne signifie pas seulement l’absence totale de nourriture. Elle se manifeste également par une alimentation insuffisante, déséquilibrée ou pauvre en nutriments essentiels. ». La RDC possède pourtant d’immenses ressources agricoles, des terres arables abondantes, un climat favorable et un important réseau hydrographique. Le paradoxe réside dans le fait que, malgré ce potentiel, une partie importante de la population reste confrontée à des difficultés d’accès à une alimentation suffisante et de qualité.

Le spécialiste a défini la faim comme un phénomène complexe dont les causes sont multiples. À l’échelle mondiale, on note les conflits armés, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, la pauvreté, les crises économiques, les inégalités sociales, le gaspillage alimentaire et la mauvaise gouvernance des systèmes alimentaires. « En RDC, nous pouvons citer l’insécurité dans certaines provinces, le faible accès aux intrants agricoles, les difficultés de transport et de conservation des produits, les pertes post-récoltes importantes, la pauvreté des ménages, le manque d’éducation nutritionnelle, la faible transformation locale des produits agricoles et les maladies qui diminuent les capacités de production », a ajouté le Dr Bombile. Il sied de souligner que la faim n’est pas uniquement un problème de production. Très souvent, la nourriture existe, mais elle n’est pas accessible économiquement ou géographiquement aux populations qui en ont besoin.

Plusieurs formes de faim

Le Dr Bombile a mis l’accent sur les différentes formes de faim, notamment la faim aiguë, une situation d’urgence où une personne manque gravement de nourriture pendant une période relativement courte.

Elle peut conduire rapidement à la malnutrition sévère et à la mort si aucune assistance n’est apportée. Vient ensuite la faim chronique, qui résulte d’un manque prolongé d’aliments en quantité suffisante pendant plusieurs mois ou années, entraînant un affaiblissement progressif de l’organisme.

Il y a aussi la faim cachée, l’une des formes les plus répandues dans le monde. Dans ce cas, une personne mange suffisamment en quantité, mais manque de vitamines, de minéraux et d’autres nutriments essentiels.

Cette situation favorise l’anémie, les retards de croissance, la baisse de l’immunité et de nombreuses maladies.

Enfin, la faim saisonnière apparaît à certaines périodes de l’année, notamment lors de la soudure (entre deux récoltes) ou pendant les sécheresses, les inondations et les crises économiques.

Aujourd’hui, la faim cachée constitue un défi majeur en RDC, car beaucoup de familles mangent pour calmer la faim sans couvrir les besoins nutritionnels de l’organisme.

La Journée mondiale contre la faim est célébrée pour sensibiliser les gouvernements, les organisations et les populations à la nécessité de lutter contre la faim et la malnutrition.

Cette journée rappelle que l’accès à l’alimentation est un droit fondamental. Elle vise également à mobiliser les acteurs autour de solutions durables, à encourager la production agricole locale, à promouvoir une alimentation saine et équilibrée, et à accélérer les actions pour atteindre l’objectif « Faim Zéro ».

ACP/K/ D/ K

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