Kinshasa, 16 juillet 2026 (ACP).- Le Conseil Urbain de l’Ordre des médecins (CUOM) a, dans une déclaration, exprimé jeudi, son indignation et a condamné avec fermeté, les actes de répression exercés contre les médecins qui manifestaient pacifiquement devant l’immeuble du gouvernement mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour revendiquer leurs droits.
« Le Conseil Urbain de l’Ordre des Médecins exprime sa profonde indignation et condamne avec la plus grande fermeté, les actes de répression et dégradants exercés contre les médecins qui manifestaient pacifiquement devant l’immeuble du gouvernement le mercredi 15 juillet 2026 pour revendiquer leurs droits légitimes. Actes ayant provoqué une clameur publique après multiples publications dans différents réseaux sociaux », a déclaré Dr Patrick Mayikiesi, vice-Président du Conseil urbain de l’Ordre des médecins.
Le vice-président du Cuom a rappelé qu’aucune revendication professionnelle ne saurait justifier l’usage de la violence, de l’intimidation ou de traitement dégradant à l’encontre des femmes et des hommes qui ont consacré leurs vies au service de la santé de la population congolaise.
« Les médecins ont le droit, comme tout autre citoyen congolais, d’exprimer leurs préoccupations dans le respect des lois de la République », a-t-il ajouté.
Pour l’Ordre des Médecins la protection des professionnels de santé est une condition essentielle au bon fonctionnement du système sanitaire. Porter atteinte à leur intégrité physique ou morale, c’est fragiliser davantage un secteur déjà confronté à différents défis qui tardent même à être relevés.
« Demander au médecin de respecter le serment d’ Hypocrates est une très bonne chose, mais assurer à ce médecin le respect du testament d’hypocrates en est une autre. Et c’est justement ce point qui fait l’objet de toutes ces revendications encadrées par divers syndicats et collectifs de médecins sous l’œil attentif du Conseil Urbain de l’Ordre des Médecins », a expliqué Dr Mayikiesi.
Le Cuom considère par ailleurs que ces actes de répression de la part des agents de l’ordre constituent un dérapage inacceptable. Il se réserve le droit d’appliquer l’article 22 du code de déontologie médicale, relatif au refus de soins dans les cas prévus par ce texte, lorsque les auteurs de ces actes seront clairement identifiés.
« Afin d’éviter toute escalade préjudiciable aussi bien aux médecins qu’à la population, le Conseil Urbain de l’Ordre des Médecins appelle toutes les parties à privilégier le dialogue, le respect mutuel et les mécanismes institutionnels de résolution des différends», a expliqué le vice-président du Cuom.
Dans ses recommandations, le Conseil invite les médecins à demeurer unis, solidaires et attachés au principe d’éthique, de déontologie, de dignité et de responsabilité qui caractérise la profession médicale. Et à poursuivre les revendications par des moyens pacifiques, légaux et respectueux des institutions.
« Aux organisations syndicales et différents collectifs de continuer à privilégier un dialogue constructif avec les autorités compétentes. D’encadrer les mouvements de revendication dans un esprit de responsabilité et de respect de la loi. De défendre avec détermination mais dans la sérénité des intérêts matériels, professionnels et moraux des médecins », a-t-il poursuivi.
Le Conseil a enfin demandé au gouvernement de la République de faire toute la lumière sur les actes de répression dénoncés et d’en établir les responsabilités afin que les réparations et sanctions exemplaires s’en suivent conformément à la loi ; de garantir la sécurité et de respecter les droits fondamentaux des professionnels de santé.
ACP/T/ SP

