RDC : plaidoyer pour la prise en charge médicale équitable des drépanocytaires

Kinshasa, 20 juin 2026 (ACP).– Un plaidoyer pour une prise en charge médicale digne et équitable sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo des enfants souffrant de drépanocytose a été mené, samedi auprès du gouvernement, lors d’une conférence organisée à Kinshasa en marge de la Journée mondiale de la drépanocytose.

« Nous, patients atteints de drépanocytose en RDC, nous nous levons pour revendiquer nos droits. (…) Aujourd’hui, nous demandons fermement au gouvernement congolais de nous accorder une prise en charge médicale digne, équitable et adaptée sur toute l’étendue du territoire national ; une reconnaissance légale de notre statut à travers une loi spécifique qui nous protège et garantit nos droits ; ainsi que l’accès gratuit aux médicaments essentiels, au même titre que les personnes atteintes du VIH/Sida et de la tuberculose », a déclaré Charmant Ilunga, drépanocytaire et membre de l’Institut de recherche biomédicale One Health (IRB).

« Nous sollicitons également la gratuité des premières poches de sang lors des crises anémiques sévères, qui coûtent extrêmement cher, ainsi que l’octroi d’une carte d’assistance médicale pour les drépanocytaires », a-t-il ajouté.

M. Ilunga a fait savoir que les familles manquent de moyens pour garantir des soins réguliers à leurs enfants. Aujourd’hui, une boîte d’Hydrea coûte environ 10 dollars alors qu’un enfant doit en prendre quotidiennement, sachant qu’une plaquette ne contient que 10 comprimés.

De son côté, Maurice Kyosse, responsable administratif de l’Institut de recherche biomédicale One Health (IRB), a préconisé une intensification de la sensibilisation et du diagnostic au sein de la population congolaise pour lutter contre cette maladie.

« La drépanocytose demeure un défi majeur de santé publique qui affecte des milliers de familles. Pourtant, avec une meilleure sensibilisation, un diagnostic précoce, une prise en charge adaptée et un soutien accru à la recherche, il est possible d’améliorer considérablement la qualité de vie des personnes qui en souffrent », a-t-il souligné.

Selon M. Kyosse, le gouvernement doit décentraliser les centres de traitement des drépanocytaires et leur octroyer des subventions pour faciliter une première prise en charge essentielle, une mesure qui doit s’étendre sur l’ensemble du territoire national.

Au cours des échanges conduits par les patients eux-mêmes, les parents ont été encouragés à apporter un soutien émotionnel constant à leurs enfants. Des partages d’expériences sur le mode de vie des drépanocytaires ont également rythmé la rencontre.

Cette journée, célébrée sous le thème « Journée mondiale de la drépanocytose : One Africa, One Voice », était dédiée au plaidoyer et à la sensibilisation sur cette pathologie. Elle a été organisée par l’Institut de recherche biomédicale One Health, en partenariat avec la Novo Nordisk Haemophilia Foundation.ACP/B/HM

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