Kinshasa, 19 mars 2026 (ACP).- Plus de 8000 hectares de forêts en République démocratique du Congo ont été perdus à cause des activités minières dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, selon une étude mené par l’ONG Afrewatch, a révélé le directeur du programme environnement et changement climatique, lors d’un atelier à Kinshasa.
«Pendant 24 ans, dans les zones étudiées (Lualaba et haut Katanga), plus de 8000 hectares de forêts ont été perdus à cause des activités minières comme l’exploitation artisanale et le commerce de braise », a déclaré M.André Ntumba Mutshipayi, directeur du programme environnement et changement climatique au sein d’Afrewatch.
Selon lui, cette étude avait pour objectif de quantifier la perte de couverture forestière et d’obtenir des preuves scientifiques pour un plaidoyer efficace contre la déforestation. Cette étude recommande des mesures pour préserver les écosystèmes forestiers, notamment la mise en place de zones dédiées aux activités minières et de conservation, ainsi que la sécurisation des terres communautaires.
L’accès à l’électricité dans les centres urbains recommandé

Mme Indra van Gisbergen
Par ailleurs, Mme Indra van Gisbergen, membre de Forest governance &Critical Raw matérials campaigner a recommandé au gouvernement congolais de rendre l’électricité accessible dans les centres urbains et milieux ruraux pour réduire la dépendance des ménages au charbon de bois.
Aménager des zones dédiées aux activités minières et celles de conservation et utilisation pour les communautés locales, instaurer un système de quota annuel de production, compenser la déforestation dans cette zone par le reboisement et la restauration des forêts, figurent également parmi les recommandations.
Selon Mme Indra van Gisbergen, les 8.000 hectares perdus en 20 ans, c’est énorme. « Aujourd’hui, il y a une ruée vers les matières premières, notamment les minerais critiques comme le cobalt et le cuivre, etc. La demande va augmenter si rien n’est fait. C’est le moment pour l’ensemble des acteurs du pays d’agir : le gouvernement congolais, les partenaires internationaux, les investisseurs, les institutions financières, le secteur privé et la société civile », a-t-elle dit.
Dans cette optique, elle a préconisé de trouver un équilibre entre l’accès à ces minerais et la préservation de la forêt, ainsi que la protection des communautés qui en dépendent. ACP /

