Kisangani, 19 mars 2026 (ACP).– La mise en place d’un fonds provincial de lutte contre le VIH/Sida dans la province de la Tshopo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a été sollicitée jeudi, à la suite du retrait progressif de plusieurs partenaires financiers, a appris l’ACP de source parlementaire.
« Plusieurs partenaires réduisent ou arrêtent leurs appuis, ce qui impacte directement les activités sur le terrain. Face à cette situation, nous proposons la mise en place d’un fonds provincial de lutte contre le VIH/Sida », a déclaré le Dr Ngwasi Pépé, Directeur du Département Partenariat et Coopération du PNMLS à Kinshasa, au sortir de l’audience avec le Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le Dr Mateus Kanga Londimo.
Selon lui, ce fonds pourrait être alimenté par des mécanismes innovants, notamment à travers certaines taxes locales ou des contributions issues des revenus miniers, afin de garantir un financement durable des activités de lutte contre le VIH/Sida, mais également contre d’autres maladies comme la tuberculose.
Le Dr Ngwasi Pépé a précisé que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une mission de six jours effectuée par une délégation du Programme national multisectoriel de lutte contre le VIH/Sida (PNMLS) à Kisangani, consacrée à l’évaluation des interventions menées dans la province.
Durant leur séjour, les membres de la délégation ont échangé avec les différentes parties prenantes engagées dans la riposte, notamment les autorités politico-administratives, les responsables du secteur de la santé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile.
« La lutte contre le VIH/Sida est multisectorielle et nécessite l’implication de tous les acteurs, aussi bien publics que privés », a-t-il souligné.
Au cours de l’audience, la délégation a également rappelé l’initiative présidentielle visant à éliminer le VIH pédiatrique à l’horizon 2030, lancée lors de la conférence des gouverneurs tenue à Kolwezi, dans la province du Lualaba.
À cet effet, les provinces ont été encouragées à accompagner cette initiative à travers des engagements concrets, notamment l’allocation de ressources propres pour renforcer les actions de lutte contre la maladie.
Le Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo s’est montré réceptif à cette proposition, indiquant que la question pourrait être prise en compte dans le budget provincial de 2026, dans le cadre du secteur de la santé.
Par ailleurs, la délégation du PNMLS a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre les acteurs techniques et les institutions provinciales, notamment à travers un meilleur suivi de l’exécution budgétaire des programmes de santé.
Cette mission s’inscrit dans l’évaluation à mi-parcours du plan stratégique national 2023-2027 de lutte contre le VIH/Sida, après le précédent plan quinquennal 2020-2023.
ACP/KIPALA

