RDC : un recours pour reconsidérer les instructions régulant la pêche au lac Edouard (Une ONG)

Kinshasa, 29 juillet 2026 (ACP).- Un recours exigeant la reconsidération des instructions régulant la pêche sur le lac Édouard  dans le Parc national des Virunga au Nord-Kivu,  dans l’est de la République démocratique du Congo, a été déposé mardi auprès de la ministre de l’Environnement, par une organisation, a appris l’ACP mercredi de source associative.

« L’ACEDH a saisi la ministre de l’Environnement d’un recours gracieux lui demandant de reconsidérer ses récentes instructions relatives à la régulation des activités de pêche sur le lac Édouard », a déclaré  Olivier Ndoole, directeur exécutif de l’ONG « Alerte congolaise pour l’environnement et les Droits humains (ACEDH) ».

«Le lac Édouard constitue une partie intégrante du Parc national des Virunga et relève du régime spécial de conservation », a-t-il précisé. 

Pour M. Ndoole, cette demande fait suite à une lettre de la ministre  en charge de l’Environnement, exprimant des préoccupations sur les mesures appliquées par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). La ministre évoquait une extension des prérogatives de l’ICCN, notamment sur l’immatriculation des pirogues et la délivrance de permis de pêche, au détriment du ministère de la Pêche et Élevage.

Le directeur de l’ACEDH a rejetté cette analyse qu’il a qualifiée d’interprétation partielle du cadre juridique national. Il a invoqué, dans son argumentaire, le principe selon lequel « la loi spéciale déroge à la loi générale », tout en rappelant un jugement du tribunal de grande instance de Goma du 19 août 2021, qui a déjà confirmé l’invalidité des permis de pêche délivrés par le ministère sur ce lac protégé.

Me Olivier Ndoole a fait savoir que l’immatriculation des embarcations par l’ICCN est une mesure de police administrative indispensable pour contrôler l’effort de pêche, lutter contre le braconnage et prévenir l’infiltration des groupes armés. Elle prévient qu’une remise en cause de ces compétences menace le statut de patrimoine mondial de l’Unesco du parc et ses financements extérieurs.

Face à la confusion constatée sur le terrain qui favorise déjà la pêche illégale, le directeur exécutif de cette organisation appelle la ministre à revoir sa position et à privilégier une collaboration renforcée avec l’ICCN. Il a aussi précisé que cette démarche constitue l’ultime étape avant l’ouverture d’un éventuel contentieux administratif d’intérêt public.  ACP/ FN

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