Construction des routes : les députés de Kinshasa insatisfaits des réponses du ministre responsable

Kinshasa, 14 mai 2026 (ACP).- Des réponses apportées mercredi par le ministre provincial des Infrastructures concernant la construction des routes à Kinshasa, en République démocratique du Congo, ont buté à l’insatisfaction des députés provinciaux, lors d’une plénière consacrée à la question orale avec débat lui adressée à l’Assemblée provinciale.

« Nous saluons la présence du ministre des Infrastructures et Travaux publics devant les élus provinciaux, mais les réponses apportées sont restées évasives et incomplètes. Nous ne sommes pas satisfaits de cet exercice parlementaire. Face à cette situation, la question orale avec débat a été transformée en interpellation », a déclaré le député provincial Jared Panzu, initiateur de cette question orale avec débat.

« Cette démarche ne constitue pas, à ce stade, une volonté de sanctionner le ministre, mais plutôt de lui accorder une seconde chance afin qu’il revienne devant l’Assemblée avec des éléments concrets permettant un contrôle approfondi », a-t-il ajouté.

Il a fait savoir que les députés ont exercé l’une de leurs principales prérogatives consacrées par la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale. « Le contrôle parlementaire. À travers cette question orale avec débat, onze préoccupations majeures ont été soumises au ministre afin d’obtenir des éclaircissements précis sur la gestion des secteurs placés sous sa responsabilité », a dit M. Panzu.

Il a par ailleurs rappelé que les questions des députés provinciaux portaient notamment sur les infrastructures et travaux publics dans la ville de Kinshasa, les marchés attribués aux entreprises, les procédures de passation des marchés, la situation des infrastructures dans la commune de Bandalungwa, l’état du marché Zando, la gestion du patrimoine provincial ainsi que les problèmes liés à l’urbanisation de la capitale.

« Les députés attendaient du ministre des données vérifiables, des chiffres précis, des documents, des preuves et des cartographies permettant d’évaluer concrètement les actions menées dans son secteur », a dit cet élu de la circonscription électorale de Bandalungwa, avant de souligner que «l’Assemblée n’est pas une église, mais un organe de contrôle».

Conformément au règlement intérieur, a-t-il dit,  l’interpellation sera inscrite à l’ordre du jour de la prochaine plénière dans un délai de 48 heures. Celle-ci sera débattue puis soumise au vote des députés afin de poursuivre le processus de contrôle parlementaire.

« J’appelle à la responsabilité et à la conscience des élus de Kinshasa. Les préoccupations soulevées par les députés traduisent les difficultés réelles vécues quotidiennement par les Kinois en matière d’infrastructures et d’urbanisation », a poursuivi M. Panzu, avant de conclure : « La politique est le jeu de la démocratie. Nous avons confiance dans la volonté de l’Assemblée provinciale de faire toute la lumière sur la gestion des infrastructures et des travaux publics dans la capitale », a-t-il conclu.

ACP/JF

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