Kinshasa : le déplacement des câbles électriques freine les travaux de construction des routes (Ministre provincial des Infrastructures)

Kinshasa, 14 mai 2026 (ACP).-  Le déplacement des câbles électriques et des conduites d’eau freine les travaux de construction des routes entrepris par le gouvernement de Kinshasa, en République démocratique du Congo, a indiqué le ministre provincial des Infrastructures lors d’une plénière mercredi à l’Assemblée provinciale de la capitale congolaise.

« Nous ne sommes pas dans un milieu rural. Les travaux effectués à Kinshasa se réalisent dans un milieu urbain qui comporte énormément de contraintes. Il y a les travaux de déplacement des installations de la Société nationale d’électricité (Snel). Il y a aussi les travaux de déplacement des conduites de la Régie de distribution d’eau (Régideso) ainsi que des opérateurs des télécommunications qui ont également installé leurs câbles et autres équipements qui peuvent parfois prendre trois mois, voire six mois et cela freine le planning de travaux qui sont mis en place par l’exécutif provincial », a dit Alain Tshilungu, qui répliquait à la question orale avec débat lui adressée par le député provincial Jared Phanzu, élu de la circonscription électorale de Bandalungwa.

« Nous organisons régulièrement des réunions avec la Régideso et la SNEL. L’une des résolutions prises consiste à mettre en place un cadre permanent de collaboration afin que, dès l’élaboration des études techniques, ces contraintes soient prises en compte, parce qu’elles ralentissent considérablement le rythme des travaux », a-t-il ajouté.

A l’en croire, le gouvernement provincial fait aussi face à plusieurs cas d’urbanisation anarchique au niveau des emprises des chaussées. Ce qui justifie des démolitions effectuées. « Il y a eu également plusieurs cas de démolition. Je tiens à préciser ici que nous ne procédons pas aux démolitions pour nuire à la population. Nous le faisons dans l’intérêt de cette même population. Lorsque nous réalisons les études techniques et le planning des travaux, nous définissons, selon les principes du génie civil, les emprises nécessaires afin d’éviter les dégradations futures. Mais une fois sur le terrain, plusieurs contraintes doivent être prises en compte », a souligné le ministre provincial des Infrastructures.

 Parlant du rapport de qualité entre les routes en béton et les routes en asphalte, M. Tshilungu a rassuré en ces termes : « Les ingénieurs le savent : le béton est un matériau composite constitué notamment de ciment, de sable, de gravier et parfois d’acier. En termes de durabilité et d’imperméabilité, les chaussées en béton résistent beaucoup mieux que les chaussées en asphalte. Et économiquement, le coût d’entretien du béton est plus avantageux que celui d’une chaussée en asphalte ».

Il a poursuivi en précisant que le choix des chaussées en béton est lié aux problèmes du réseau de drainage et d’assainissement de Kinshasa. Lequel n’est plus totalement fonctionnel. « Afin de permettre une meilleure résistance des routes malgré cette situation, nous avons opté pour des chaussées rigides en béton. Certes, le coût initial est plus élevé, mais en termes de longévité, c’est une meilleure solution. Le principal défaut du béton reste le confort de circulation. Lorsque les véhicules roulent sur une chaussée en béton, le confort est généralement inférieur à celui offert par les routes asphaltées », a-t-il dit.

« Le certificat d’enregistrement ne suffit pas pour prouver la régularité d’une occupation »

Par ailleurs, le certificat d’enregistrement ne suffit pas pour prouver la régularité d’une occupation à Kinshasa, a fait savoir le ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics, en réponse aux questions des députés provinciaux lors d’une plénière consacrée notamment aux démolitions des habitations disposant de certificats d’enregistrement.

« Le certificat d’enregistrement ne suffit pas pour prouver la régularité d’une occupation si la situation cadastrale et les documents de désaffectation ne sont pas conformes. Dans les opérations d’aménagement urbain et de démolition, le certificat d’enregistrement ne suffit pas à lui seul pour établir la légalité d’une occupation », a déclaré Alain Tshilungu, ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics.

Selon lui, avant toute reconnaissance d’un terrain comme domaine privé, il est indispensable de vérifier l’ensemble de l’historique foncier et cadastral du site. Il a insisté sur le fait que les autorités se basent prioritairement sur les plans cadastraux et les documents administratifs de référence.

Le ministre a précisé que la présentation d’un certificat d’enregistrement doit être complétée par d’autres vérifications, notamment l’existence d’un arrêté de désaffectation, les documents cadastraux,  la nature juridique du terrain (domaine public ou domaine privé de l’État). « Certains espaces avaient été occupés illégalement, notamment des emprises réservées aux routes, aux caniveaux ou aux ouvrages publics », a-t-il dit.

Concernant les constructions démolies, il a expliqué que plusieurs occupants avaient érigé des bâtiments sur des emprises publiques, en bloquant les voies d’évacuation des eaux, ou encore en supprimant les caniveaux menant vers le fleuve Congo.

Pour le ministre, ces occupations aggravent les risques d’inondation et compliquent les travaux de voirie. « L’État est tenu d’intervenir dans l’intérêt général. Quand l’éducation et la sensibilisation ne suffisent pas, nous sommes obligés de procéder à des mises en demeure pour protéger l’intérêt général », a conclu M. Tshilungu.

ACP/JF

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