Kinshasa, 13 septembre 2026 (ACP).- Les vingt-cinq (25) ans d’implantation de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie en Afrique, ont été célébrés dimanche, lors d’une messe dite par l’évêque du diocèse de Budjala, à la paroisse Saint François-Xavier, dans la commune de Masina, dans l’est de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
« En ce jour, nous rendons grâce à Dieu pour les vingt-cinq (25) années de service au sein de la province africaine des Pères de Picpus (les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie), chantons et dansons pour rendre grâce à Dieu pour sa fidélité envers nos missionnaires. Que lui-même continue à les bénir et à les accompagner dans leur mission », a déclaré Monseigneur Fulbert Ntembo, l’évêque du diocèse de Budjala.
Dans son homélie tirée de l’évangile selon saint Matthieu 18, 21-35, l’évêque de Budjala a exhorté les fidèles à faire du pardon une valeur essentielle de la vie chrétienne.
« Nous sommes des personnes qui avons été pardonnées par Dieu et, pour cette raison, nous aussi, nous sommes appelés à pardonner à nos frères et sœurs en toute circonstance. Nous devons également montrer à nos enfants comment on pardonne », a-t-il dit.
Selon lui, le pardon doit particulièrement caractériser la vie des personnes consacrées, notamment celles appelées à accompagner les fidèles dans leur cheminement spirituel.
« Un religieux doit avoir un cœur qui sait pardonner. Il doit être une personne consacrée et joyeuse. Un religieux qui ne sait pas pardonner, c’est une véritable catastrophe, surtout lorsqu’il est prêtre et ministre de la réconciliation », a-t-il fait savoir.
S’appuyant également sur les enseignements de saint Paul, Mgr Ntembo a invité les chrétiens à ne pas vivre pour eux-mêmes, mais pour le Seigneur, en imitant Jésus-Christ qui, selon l’évangile, a pardonné même à ceux qui l’ont crucifié.
Il a, par ailleurs, rendu hommage aux Pères de Picpus pour leur engagement en République démocratique du Congo.
« Nous adressons également nos sincères remerciements aux Pères de Picpus pour le grand travail qu’ils accomplissent en République démocratique du Congo. Que Dieu continue à être glorifié à travers leur mission et leur engagement. C’est pour cela que nous sommes tous réunis aujourd’hui dans la joie et l’action de grâce », a-t-il conclu.
Trois membres ont rejoint cette communauté

Trois novices qui ont rejoints la congrégation
Au cours de cette célébration eucharistique, trois novices ont émis les premiers vœux religieux dans cette communauté des missionnaires. Pour ce,
l’officiant principal a demandé à tout le monde et au père général de cette famille religieuse de demander à Dieu de donner l’église des ministres de la réconciliation qui savent pardonner les autres.
« De nos jours, Dieu continue à appeler ses serviteurs, les uns ont été appelés il y a 25 ans passés. Demain il appellera encore d’autres. Voilà pourquoi nous devons prier pour des nouvelles vocations pour que le Seigneur donne à son église des hommes et de femmes capables de donner leurs vies à Dieu, de bons religieux,…car un ministre de réconciliation qui ne sait pas pardonner est une catastrophe pour l’église famille de Dieu ,.. », a déclaré le prélat catholique.
Historique de la Congrégation en Afrique
Le Père Alain Makanda, provincial de la congrégation de Picpus en Afrique, a par ailleurs, retracé l’histoire de cette communauté sur le continent, qui s’inscrit dans la vocation missionnaire de l’Institut fondé en France en 1800 par le Père Pierre Marie-Joseph Coudrin et Henriette Aymer de La Chevalerie. Connue sous le nom de Congrégation de Picpus, elle fonde sa spiritualité sur les Cœurs de Jésus et de Marie, l’adoration eucharistique et la mission.
Le développement des vocations au Congo-Kinshasa et au Mozambique a abouti à la création de la Province d’Afrique en 2001, consacrant le passage progressif d’une mission principalement portée par les religieux européens à une présence africaine, avec une participation croissante des religieux du continent à la mission et à la vie de la Congrégation.
Cependant, en République démocratique du Congo, cette présence remonte aux années 1931-1932, avec l’arrivée des premiers missionnaires belges à Kinshasa et dans la région de Kole. Leur apostolat était notamment consacré à l’évangélisation, à la formation des catéchistes et à l’animation des communautés chrétiennes.
Après l’indépendance, la mission fut renforcée par l’arrivée des religieux espagnols en 1966, suivis de religieux polonais, tandis que la congrégation développait également sa présence au Mozambique.
Le Chapitre général de 1988 a marqué un tournant vers une implantation africaine davantage portée par les vocations locales. Cette orientation a favorisé la formation des jeunes Africains et l’enracinement du charisme de la congrégation dans les réalités du continent. Au Congo-Kinshasa, cette dynamique a notamment conduit à l’établissement du noviciat à Mokali en 1994. ACP/ Suk./ G.I.

