Enseignement supérieur : des doctorants de l’Unikin contestent un arrêté ministériel au Conseil d’Etat

Kinshasa, 24 juin 2026 (ACP).- Un collectif de doctorants de l’Université de Kinshasa (Unikin), en République démocratique du Congo, a contesté un arrêté de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire organisant le troisième cycle qui, d’après eux, viole leurs droits fondamentaux, lors d’une audience mercredi au Conseil d’Etat.

« Les clients sont tous doctorants à l’Université de Kinshasa, en début d’année, La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire a pris une décision prévoyant que toutes les personnes ayant défendu avant le 28 février 2026 sont admis à la rédaction de la thèse mais ceux qui le feront après doivent être versé dans l’école doctorale pour une formation supplémentaire mais cette école n’existe encore », a plaidé Me Etienne Lombela devant la haute juridiction.

Pour l’avocat, cette décision est arbitraire parce qu’elle viole le droit à l’éducation, protégée par la Constitution congolaise, d’autant plus que certains frais ont été engagés par les requérants. Il a, par la suite, rappelé le rôle du pouvoir judiciaire comme garant des libertés individuelles et a qualifié l’arrêté « d’un acte juridique dont le contenu est attentatoire aux libertés », concluant par solliciter du tribunal la suspension de cette décision qui porte atteinte aux droits de paisibles citoyens.

Pour Me Victor Loleko, avocat du ministère, il a fait un rétropédalage historique avant de s’atteler sur les éléments du fond. « Dans la loi cadre de l’enseignement supérieur datant de 2014, il est prévu que certaines mesures réglementaires (arrêtés) doivent être pris afin d’organiser le troisième cycle en République démocratique du Congo. C’est ainsi qu’un arrêté a été pris en 2022, puis en 2023, pour organiser l’opérationnalisation du troisième cycle dans le système LMD. Ces arrêtés faisaient déjà la distinction entre les deux cursus et imposaient une remise à niveau pour ceux qui ont connu que le LMD », a-t-il soutenu devant le Conseil.

Pour lui, il y a un flou entretenu par la partie requérante, parce que ceux qui ont esté devant le Conseil d’Etat, se sont vu refuser l’inscription au troisième cycle. Ainsi, en lieu et place d’attaquer l’arrêté, ils devraient plutôt diriger leurs actions vers l’acte rectoral de refus d’inscription.

« La requête est large et n’est pas introduite dans l’intérêt seul des requérants, mais vise la suspension globale d’un arrêté qui organise tout un secteur », a-t-il soutenu, avant de conclure qu’il y n’a ni urgence ni violation de liberté, et que le Conseil devrait déclarer la requête non fondée.

Après avoir écouté toutes les parties, le juge conseiller Mudidambi a pris la cause en délibéré pour rendre son ordonnance dans le délai de la loi. ACP/

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