Haute cour militaire: deux policiers condamnés à 10 ans de prison pour torture

Kinshasa, 22 août 2026 (ACP).- Deux prévenus policiers appelants ont été condamnés vendredi à 10 ans de prison pour torture ayant entraîné la mort, par la Haute cour militaire, lors d’une audience tenue à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC).

«Disant droit, la Haute cour met en néant, l’arrêt entrepris par le premier juge en toutes ses dispositions. Et évoquant, requalifie le fait de coups mortels, en torture ayant entraîné la mort du prévenu Kiaku, prévu et puni par l’article 48 du code pénal ordinaire livré 2. Déclare les prévenus commissaire supérieur adjoint Visa Lufimpa et le brigadier Matumona Mambu coupables de cette infraction, et les condamne en conséquence à 10 ans de servitude pénale principale», a prononcé le général de brigade magistrat Freddy Mukendi,  président de la composition dans son arrêt.

Aussi, la haute juridiction militaire a déclaré l’appel de la partie civile recevable et fondé.

«Statuant sur l’action civile, la Haute cour militaire dit l’appel introduit par M. Eric Katumba recevable et fondé. Condamne les deux prévenus en solidarité avec la République démocratique du Congo en qualité de civilement responsable, au paiement à la partie civile, de la somme équivalente en FC à 31 mille dollars américains pour le préjudice subi», a ajouté le président Mukendi.

Cette haute juridiction a également condamné les coupables au paiement de frais d’instance.

«Condamne les prévenus Lufimpa et Matumona, au paiement de la moitié de frais de justice, à taxer par le greffier. Fixe à 30 jours, la durée par contrainte par corps à subir, en cas de non-paiement dans le délai de 10 jours. Met l’autre moitié à charge du trésor public, confirme leur détention», a conclu le général de brigade magistrat Mukendi.

Par ailleurs, dans la motivation de son arrêt, la Haute cour a soutenu que les deux prévenus, ont agi en participation criminelle.

«Le prévenu Lufimpa est poursuivi pour avoir donné l’ordre de commettre l’infraction, alors que Matumona est l’exécutant,  c’est-à-dire, l’auteur matériel de ladite infraction», a relevé le président de la composition.

Et de renchérir: «Le commissaire supérieur adjoint Lufimpa a abusé de son autorité pour ordonner l’exécution d’actes de torture à l’endroit de M. Kiaku, tandis que le brigadier Matumona a matérialisé cet ordre manifestement illégal de son chef, en frappant le policier Kiaku à l’aide d’une planche, et ce dernier ayant trouvé la mort».

«C’est de manière délibérée, que ces deux prévenus ont agi, sachant ce qu’ils faisaient, et en connaissance consciente, de douleur qu’ils infligeaient à la victime de cette torture. Pour la Haute cour militaire, tous les éléments constitutifs de la participation criminelle sont réunis», a argumenté le président de céans.

ACP/ODM

Fil d'actualités

Sur le même sujet