Kinshasa, 21 janvier 2026 (ACP).- La Haute cour militaire, par son arrêt avant-dire-droit prononcé mardi à Kinshasa, a jugé non-fondé le mémoire unique introduit par le prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon, sollicitant la main levée de sa poursuite, l’écartement des procès-verbaux antérieurs à la procédure en cours et sa mise en liberté provisoire.
«Par son arrêt avant-dire-droit prononcé le mardi 20 janvier 2026 à Kinshasa, la Haute Cour Militaire déclare non-fondé le mémoire unique introduit par le prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon sollicitant la main levée de sa poursuite, l’écartement des procès-verbaux antérieurs à la procédure en cours et sa mise en liberté provisoire, et décide la poursuite de l’affaire qui l’oppose à l’Auditeur général, Ministère public», a prononcé le premier président de la composition.
Le prévenu Yav Philémon, ancien commandant de la troisième zone de défense, est accusé de trahison et d’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline.
La défense clame l’innocence de son client
Les avocats du prévenu Yav ont clamé son innocence soutenant qu’il n’existe aucune preuve qui incrimine leur client.
«A ce jour, le ministère public ne détient aucune preuve qui incrimine mon client. Lui-même le ministère public a dit ici qu’il était incapable de produire le message sur lequel se fonde l’arrestation de mon client», a déclaré Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif de la défense du prévenu.
Un argumentaire contesté par le ministère public dans sa réplique : «C’est faux, monsieur le président. Lors de l’instruction préparatoire, le prévenu lieutenant-général Philémon Yav avait délibérément refusé de donner le mot de passe qui donne accès à son téléphone. Ce refus, monsieur le président, est sans nul doute un aveu de sa culpabilité», a déclaré le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia Bakumi, du parquet général.

Les conseils des avocats du prévenu ont dans leur contre réplique fait mention de l’existence d’une réquisition établie par le ministère public adressée aux sociétés de télécommunication en vue de décrypter les téléphones du général Yav.
«Où serait ce rapport, monsieur l’auditeur, pourquoi il n’a pas été annexé au dossier», s’est interrogé Me Parfait Kanyanga.
«La réponse à la préoccupation de la défense sur cette réquisition, sera donnée à la prochaine audience, monsieur le président», a promis l’organe de la loi.
A l’issue de cette audience, la défense a soulevé un deuxième moyen relatif à l’incohérence dans les témoignages des renseignants auditionnés à l’auditorat général des FARDC.
«Tantôt on soutient dans les renseignements que c’est le général Chirimwami Peter qui avait déclaré que notre client avait reçu mission du général James Kabarebe d’entretenir des intelligences avec les forces étrangères, tantôt c’est le parsec du général,…. Finalement, on est perdu, on ne sait plus lesquelles déclarations à croire», a dit Me Carlos Ngapitshi, avocat du prévenu Yav Philémon, qui a soutenu qu’il y a doute dans les dépositions des renseignants.
Et d’ajouter :«en droit, le doute profite à l’accusé, monsieur le premier président. Il faut donc libérer notre client», a-t-il conclu.
L’audience a été renvoyée au 27 janvier pour audition des renseignants et le rapport de la réquisition.
L’ancien commandant de la 3ème Zone de défense, le lieutenant-général Yav Irung Philémon, a été arrêté au Nord-Kivu le lundi 19 septembre 2022, puis transféré à la prison centrale de Makala. Au moment de son interpellation, il commandait un vaste espace opérationnel couvrant cinq provinces du pays, à savoir: le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo. ACP/ODM

