Kinshasa, 31 août 2026 (ACP).- Une association sans but lucratif (ASBL) a plaidé lundi, en faveur d’une prise en charge « globale » des enfants vivant dans la rue, incluant protection-prévention de rupture familiale et scolaire et réinsertion, lors d’une conférence à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC).
« Le problème des enfants de la rue n’est pas seulement un problème de rue. C’est un problème de famille, de protection de l’enfant, d’éducation, de pauvreté, un problème de société et surtout d’humanité », a déclaré dans son discours de plaidoyer, Josepha Kaketa, présidente de l’Asbl « La Voix de la Rue ».
Dans cette perspective, l’organisation a indiqué avoir fait le choix d’aller à la rencontre des enfants dans les rues, les marchés et sous les ponts, afin de les écouter, d’établir une relation de confiance et de leur apporter une assistance de première nécessité.
« Avant de vouloir changer leur comportement, il faut d’abord leur montrer qu’ils ont de la valeur », a-t-elle souligné.
L’Asbl a présenté trois engagements, à savoir écouter et protéger, prévenir et accueillir pour réinsérer. Le premier consiste notamment à offrir aux enfants de l’eau, des repas, des produits d’hygiène et des soins, tout en œuvrant à leur restituer leur dignité et droits.
S’agissant de la prévention, l’organisation compte travailler avec les familles, les écoles et les communautés afin de réduire ce fléau.
« Un cahier donné aujourd’hui peut devenir une année scolaire sauvée demain. Un enfant maintenu à l’école aujourd’hui peut être un jeune homme qui ne connaîtra jamais la rue demain », a-t-elle soutenu en outre.
Mise en place d’un centre d’accueil et de réinsertion

La Voix de la Rue a annoncé la mise en place d’un Centre pilote d’accueil et de réinsertion, conçu comme un espace protecteur et non comme une prison, où les enfants vont bénéficier d’un hébergement sécurisé, de soins, d’une alimentation, d’un accompagnement psychologique et d’un appui scolaire, avant leur retour en famille ou leur orientation vers une solution de vie stable.
« Nous ne rêvons pas d’un château. Nous rêvons d’un commencement, une porte qui s’ouvre, un lit qui attend, une assiette qui est prête, une main qui ne frappe pas, une maison qui dit simplement à un enfant : tu peux recommencer », a soutenu Josepha Keketa.
Elle a appelé les pouvoirs publics, partenaires et personnes de bonne volonté à soutenir ses initiatives, notamment par le parrainage, l’octroi de kits scolaires, le financement des repas et des soins ainsi que l’accompagnement des familles et des programmes de réinsertion.
« Je ne vous demande pas forcément des millions. Je vous demande votre engagement », a conclu le représentant de « La Voix de la Rue », invitant la société à changer son regard sur les enfants de la rue et à les considérer avant tout comme des enfants ayant droit à la protection, à l’éducation, à la santé et à une vie digne.
Intervenant dans cette conférence, Mme Hornella Mumbela, coordinatrice du Centre de recherche et de formation « Femmes bâties d’Afrique », a rappelé le cadre juridique qui promeut les enfants au niveau international, régional et national, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Convention de La Haye sur la protection des enfants au niveau international: la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant au niveau régional, ainsi que la Constitution de la RDC et la loi portant protection de l’enfant en RDC.
Elle a, par cette occasion, appelé à la vulgarisation de toutes ces lois, à la sensibilisation des communautés et églises et au soutien de la société civile comme Voix de la rue qui encadre au quotidien les enfants de la rue.
ACP/A G H

