Kisangani : 26 ans après  la guerre de six jours,  demande d’un tribunal spécial

Kisangani, 11 juin 2026 (ACP).- Un appel à la création immédiate d’un Tribunal pénal spécial pour juger les responsables des crimes commis lors de la guerre de  six jours à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancé jeudi,  par le coordonnateur du Frivao, en marge du 26ème anniversaire de cette tragédie.

« Vingt-six ans plus tard, la douleur est intacte, mais la colère l’est aussi. Nous refusons que l’histoire oublie cette tragédie. Nous ne réclamons pas la vengeance, mais nous réclamons la justice. Nous demandons la mise en place immédiate d’un Tribunal Pénal spécial pour juger et condamner les donneurs d’ordres et les exécutants de ces crimes ignobles, particulièrement le Rwanda qui, jusque-là n’a jamais répondu de ses actes et de ses crimes », a déclaré Mgr François Mwarabu , coordonnateur du Fonds spécial de réparation et de l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (Frivao).

Lors de son intervention, il est revenu sur les lourdes conséquences humaines et matérielles des différents conflits ayant endeuillé la ville de Kisangani, notamment la guerre de six jours qui avait opposé, du 5 au 10 juin 2000, les armées ougandaise et rwandaise sur le territoire congolais.

« Il y a exactement 26 ans, l’horreur s’abattait sur notre sol de Kisangani. Deux forces étrangères, au mépris total du droit international et de la vie humaine, ont réglé leurs comptes chez nous. Le bilan est lourd, insoutenable: des vies fauchées par milliers, des corps mutilés, des familles détruites et des infrastructures endommagées, sans oublier d’autres violations », a-t-il dénoncé.

Le coordonnateur du  Frivao, établissement public qui assure la réparation et l’indemnisation, a également évoqué l’avènement d’une nouvelle dynamique porteuse d’espoir pour les victimes, estimant que le processus de réparation doit désormais se construire dans la concertation et l’inclusion, ajoutant que la participation des victimes et des autres parties prenantes demeure une condition essentielle pour garantir l’efficacité et la crédibilité des actions engagées.

« Rien ne pourra plus se faire sans au préalable consulter la communauté des victimes », a-t-il rassuré.

Il a, par ailleurs, invité l’ensemble des acteurs concernés à privilégier l’intérêt collectif dans l’identification et la mise en œuvre des projets communautaires destinés à préserver la mémoire des tragédies vécues et à contribuer à la réparation des préjudices subis.

« Ensemble, agissons pour l’intérêt de tous dans la définition des actions communautaires majeures pour pérenniser, si non pour se rappeler à travers les ouvrages à réaliser que nos peines, souffrances et moments d’angoisse seront dans une certaine mesure compensés », a-t-il exhorté.

Dans un message empreint de recueillement et d’espérance, Mgr  Mwarabu a eu une pensée pieuse  pour toutes les victimes de ces événements douloureux, tout en appelant à la confiance en l’avenir. 

ACP/L

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