Meurtre d’une mineure: l’acquittement de l’enfant en conflit avec la loi sollicité

Kinshasa, 20 décembre 2025 (ACP).– Le magistrat du parquet a demandé jeudi, au tribunal pour enfants de Kinkole, dans l’est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), d’acquitter une fille mineure accusée d’avoir tué son amie, en lui administrant un médicament mortel, lors d’une audience.

« La prétendue auteure des faits, Eugénie Mafuta, est jugée pour manquement de meurtre du fait d’avoir donné un médicament à son amie, Alice Mongawula, âgée de 16 ans, qui l’avait conduite à la mort. Mais l’expertise médicale atteste qu’elle a été décédée d’un curetage mal soigné. Je relève une mauvaise direction de l’infraction parce qu’il s’agit plutôt de l’avortement à charge de son copain non autrement identifié et de l’infraction d’homicide involontaire contre l’infirmier qui avait soigné ce curetage. Par ce motif, je sollicite l’acquittement de l’enfant en conflit avec la loi », a déclaré le magistrat du parquet dans son avis.

Pour sa part, Me Alpha Ndjudi, avocat de la décédée Alice Mongawula, s’est retiré de la barre au motif que le tribunal a autorisé aux parties de plaider sans pour autant tenir compte de sa demande de remise 

« Je retire ma comparution parce que votre tribunal ne veut pas recevoir notre demande alors que c’est nous qui sommes victimes », a-t-il dit.

En réaction, Me Christian Beya, avocat de l’enfant en conflit avec la loi, Eugénie Mafuta, âgée de 15 ans, a tiré tous les avantages de plaider sans contradicteur, avant de demander l’acquittement de sa cliente

« Je plaide non coupable, ma cliente a été arrêtée le 15 janvier 2025 pour accusation de meurtre ; la famille de la défunte avait déclaré que c’était le médicament qu’elle avait donné à son amie qui l’avait conduite à la mort. Or le médecin dans son rapport a indiqué qu’elle était décédée de suite d’une autre cause, en ce jour il est impossible d’établir l’infraction de meurtre en charge de ma cliente, quoi de plus que de remettre ma cliente entre les mains de ses parents », a renchéri Me Christian Beya.

Le tribunal a pris l’affaire en délibéré pour se prononcer dans le délai de la loi. ACP/UKB

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