« Notre combat pour la dignité de l’enfant est global et urgent » (Commissaire nationale de la CNDH-RDC)

Kinshasa, 17 juin 2026 (ACP).- Le combat pour la dignité de l’enfant en République démocratique du Congo (RDC) est global et urgent, a relevé, mercredi, une commissaire de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), lors de son message en marge de la Journée internationale de l’enfant africain, célébrée le 16 juin de chaque année.

« L’accès à l’eau potable n’est pas un confort, c’est un bouclier. C’est le socle obligatoire de toute éducation sereine et de tout développement humain. Mais notre responsabilité ne s’arrête pas au robinet ou à la source d’eau. Notre combat pour la dignité de l’enfant congolais est global et urgent », a déclaré Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée de la femme et de l’enfant de la CNDH-RDC.

Elle a, à cette occasion, invité tous les Congolais, chacun au niveau de ses responsabilités, et les partenaires de la protection de l’enfance, à s’arrêter en cette journée, pour bien regarder ce qu’elle a qualifié de « plus précieux », en l’occurrence la jeunesse.

Pour la commissaire nationale Kapinga, la Journée internationale de l’enfant africain n’est pas une simple commémoration. Il s’agit, a-t-elle martelé, d’un miroir tendu à des responsabilités collectives de chacun.

« Aujourd’hui, notre pays fait face à son devoir. Nous ne pouvons plus tolérer que l’avenir de notre Nation soit sacrifié dans l’indifférence », a-t-elle soutenu.

Elle a relevé que l’Union africaine a rappelé aux responsables du continent une urgence vitale, un droit qui ne peut plus attendre: « garantir à chaque enfant l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène ». 

C’est pourquoi, pour elle, priver de l’eau saine à un enfant est condamnable. Elle a ajouté que c’est l’exposer aux maladies hydriques qui déciment des vies innocentes avant même l’âge de cinq ans. 

Elle est allée plus loin pour soutenir que priver un enfant  d’une école, de sanitaires propres, c’est organiser la précarité scolaire, en particulier pour de nombreuses jeunes filles congolaises qui abandonnent trop souvent les bancs de l’école à la puberté par manque d’intimité. 

« L’accès à l’eau potable n’est pas un confort, c’est un bouclier. C’est le socle obligatoire de toute éducation sereine et de tout développement humain », a-t-elle, en outre, soutenu. 

La commissaire Gisèle Kapinga s’est attelée également sur la situation toujours de l’enfant congolais depuis la capitale Kinshasa jusqu’aux provinces de l’Est profondément meurtries par les conflits armés. 

Pour elle, la situation des enfants congolais exige un sursaut patriotique.

À partir de cette situation, elle a lancé:  » Pendant que nous célébrons cette journée, des milliers de nos fils et de nos filles subissent le martyre de l’insécurité « . 

Elle a surtout relevé que la place d’un enfant congolais est à l’école, elle n’est pas dans les rangs des groupes armés, elle n’est pas non plus au fond des puits de mines à creuser pour des minerais, ni abandonnée à la dureté de la rue. 

Ainsi, elle a expliqué que chaque minute passée par un mineur dans un site d’extraction ou dans un camp de déplacés sans protection est une défaite pour le Code de la famille congolais et pour la conscience nationale.

C’est pourquoi, en sa qualité de commissaire nationale chargée des droits des femmes et enfants, elle a adressé un appel solennel à trois acteurs clés.

Au gouvernement de la RDC, elle plaide pour une mobilisation budgétaire afin de transformer les promesses en infrastructures réelles. Toujours au gouvernement, de donner aux enfants des écoles sûres, de l’eau saine et une identité légale dès la naissance grâce à un enregistrement civil gratuit et systématique. 

Aux partenaires techniques et financiers, d’aligner leurs financements sur les priorités d’assainissement et de protection d’urgence, particulièrement dans les zones de crise humanitaire à l’Est.

Un dernier message a été lancé aux familles et communautés congolaises, qu’elle les considère comme les premiers gardiens des enfants, de refuser l’exploitation économique des mineurs et de dénoncer les abus.

 ACP/K.

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