Procès du  médecin David Balanganayi : le verdict attendu mercredi prochain

Kinshasa, 31 mars 2026 (ACP):- Le verdict du tribunal de grande instance de Kinkole, dans l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans le procès du médecin Balanganayi, ayant violenté une patiente dans la salle d’accouchement est attendue mercredi prochain, a annoncé lundi, le président de la composition, lors d’une audience. 

« Se sentant suffisamment éclairé, le tribunal a renvoyé l’audience au 1 avril pour plaidoirie des avocats, réquisitoire du parquet et le prononcé du jugement à l’égard du docteur David Balanganayi », a annoncé le président de la composition. Dans sa narration des faits, le prévenu a soutenu qu’il avait tout fait pour sauver une vie.

« J’ai tout fait pour sauver une vie … ()  L’administration des coups est permis en médecine. Il nous est autorisé d’administrer des fessés ou des stimulations quand un nouveau-né n’arrive pas à respirer. Et quand  il est une grande personne ? », a déclaré le docteur David Balanganayi  en pleurant.

Et de poursuivre : « J’ai estimé avoir agi devant un cas de nécessité en voyant le tableau clinique de la patiente Dorcas  Moya et la procédure administrative de transfert très longue ».

Pour éclairer sa lanterne, le tribunal a fait appel devant lui cinq médecins travaillant à l’hôpital général de référence de Kinkole à titre de renseignant, à qui il a été  demandé s’il est permis d’administrer des coups à une patiente non collaborante ?

 «Lorsque vous êtes devant une urgence, devant une accouchée qui fait une hémorragie de post partum qui n’a que deux heures de survie, vous allez comprendre M.  le président que cette accouchée a rendu la vie dure au personnel médical depuis le travail d’accouchement, à l’accouchement et après l’accouchement. Pour le cas de notre accouchée, avec des déchirures de parties molles, l’idéal est d’aller fermer le robinet. Si elle n’adhère pas, on cherche l’aide de personnes influentes de son entourage », a déclaré le docteur Samy Tessi, chef de staff de médecins de cet l’hôpital.

« Si, elle n’adhère toujours pas,  là, dans ce cas, on va transférer mais ici il faut savoir que les coups ne sont pas permis mais je pense que notre médecin a essayé de faire ce qu’il a pu faire pour essayer de sauver la vie de ce malade surtout qu’elle était dans une situation de nécessité », a-t-il ajouté.

« Pour transférer une accouchée, vous devez obtenir l’autorisation des ambulanciers qui à leur tour capturent la note de transfert et la transmettent à leur hiérarchie qui cherchent s’il y a un hôpital disponible pour recevoir le malade. Ce n’est qu’après qu’ils vont revenir vers vous pour prendre le malade. Tout ça, ce sont des formalités administratives très longues qui pourraient concourir à ce que le malade perde sa vie », a-t-il poursuivi.

À la question de savoir si les coups sont permis lorsqu’on est en face  d’un patient non collaborant, le médecin Tessi a fait savoir que cela n’est pas recommandé et qu’il faut chercher à obtenir le consentement.

« Le coups ne sont pas recommandés. A défaut d’obtenir le consentement, on fait le transfert mais ici, le transfert était difficile étant donné que la patiente n’avait que deux heures de vie. Une femme qui ne collabore pas, on peut recourir à l’anesthésie générale. Si le malade a un estomac plein, elle peut faire un vomissement et ce vomissement peut se propager (…) et tuer le malade », a-t-il expliqué

Face à la préoccupation de savoir si une sanction a été prise à l’égard de l’équipe de garde ayant travaillé ce jour-là, le médecin Tessi a affirmé que l’équipe de garde avait été sanctionnée pour n’avoir pas signalé ce cas.

« Nous avons sanctionné toute l’équipe de garde qui a travaillé ce jour par ce qu’elle n’avait pas signalé. Lorsque les vidéos sont devenus virales, nous avons tenus une réunion et avons sanctionné toute l’équipe du  garde », a-t-il renchéri.

De son côté, le docteur Redem Manguawu a relaté les faits depuis l’admission de la victime jusqu’à l’épisiotomie quand il a dû quitter la salle d’accouchement à cause du sang qui s’était éclaboussé sur son visage.

« Dorcas Moya âgée de 19 ans était déjà dans la salle de travail avant mon arrivée. Elle m’a insulté en affirmant que c’était une folle et que je devrais faire rapidement l’accouchement. Le passage du bébé était petit, il fallait l’élargir. C’est pourquoi avec son consentement, j’ai procédé à une épisiotomie. Après la naissance du bébé, je devrais suturer la plaie. Mais quand j’ai posé le premier fil, elle a refusé en éclaboussant son sang sur mon visage et mes vêtements. Je n’ai pas pu continuer dans ces conditions au risque d’être infecté ; c’est pourquoi, j’avais fait appel au docteur Emmanuel Yanga pour continuer la suture», a-t-il déclaré.

Le docteur Emmanuel Yanga a fait savoir à son tour que  comme son prédécesseur n’a pas pu réaliser la suture, elle a été faite par le docteur David Balanganayi venu en rescousse.

En définitive, Claire Fioti,  la grand-mère de la victime a nié avoir demandé au médecin de la frapper,  car elle n’obéit que par la contrainte.

Se sentant suffisamment éclairée, le tribunal de grande instance de Kinkole a renvoyé l’audience au 1er avril pour plaidoirie des avocats, réquisitoire du parquet et prononcé du jugement à l’égard du docteur David Balanganayi. ACP/

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