RDC : l’ancien chef rebelle Roger Lumbala condamné à 30 ans de réclusion criminelle

Kinshasa, 15 déc. 2025 (ACP).- L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala a été condamné lundi à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une interdiction définitive du territoire français, à l’issue d’une audience tenue à la Cour d’assises de Paris, ont rapporté des médias internationaux.

La justice française l’a reconnu coupable de complicité de crimes contre l’humanité, par aide et assistance, notamment pour des actes de torture et des actes inhumains, ainsi que pour des viols constitutifs de torture ou d’actes inhumains, pour des faits commis en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), lors de l’opération dénommée “Effacer les tableaux”. Roger Lumbala, qui dispose de dix jours pour interjeter appel, a refusé d’assister à son procès, contestant la légitimité de la justice française.

Âgé de 67 ans, l’ancien ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de transition en RDC était jugé devant la Cour d’assises de Paris au nom de la compétence universelle, avait rappelé cette juridiction au cours de l’une de ses audiences. Interpellé en décembre 2020, il avait été mis en examen en janvier 2021, avant d’être inculpé en 2023. Son procès s’est tenu à Paris depuis novembre 2025. Il lui était reproché plusieurs chefs d’accusation, notamment la complicité de crimes contre l’humanité et l’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime contre l’humanité, pour des faits commis dans l’Est de la RDC, principalement en 2002.

Un verdict salué par la société civile

Ce verdict est présenté par la société civile congolaise constituée en partie au procès comme le premier du genre et remet en cause plus de deux décennies d’impunité pour les crimes commis en RDC entre 1998 et 2003. Pour elle, il intervient dans un contexte où la violence continue de frapper les communautés congolaises, malgré les récents accords de Washington.

La société civile a joué un rôle décisif et coordonné tout au long de la procédure. Les ONG admises comme parties civiles ont mutualisé leur expertise afin de participer aux audiences, présenter des preuves et solliciter des analyses d’experts. Leurs efforts conjoints ont permis de constituer un dossier solide et d’assurer un accompagnement psychologique aux survivants appelés à témoigner. Au total, cinq organisations de la société civile se sont constituées partie civile dans ce procès. ACP/

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