Kinshasa, 6 mai 2026 (ACP).- L’assainissement financier et organisationnel a fait partie des axes stratégiques du plan de redressement du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao) en République démocratique du Congo (RDC), présentés par le ministre de la Justice, lors de son intervention mardi devant la chambre haute du Parlement congolais, selon un communiqué.
« Pour restaurer la crédibilité du Fonds, le ministre a annoncé l’application d’un plan structuré autour de trois priorités : l’assainissement financier et organisationnel, un audit indépendant du fichier des bénéficiaires, l’élaboration d’un manuel de procédures transparentes», a-t-on lu dans le communiqué du cabinet du Garde des sceaux.
Devant les sénateurs, Guillaume Ngefa a également évoqué des mesures déjà engagées, notamment la suspension du président du conseil d’administration, la réorganisation des organes de gestion, ainsi que l’intégration des frais de fonctionnement dans la loi de finances 2026. Il a fait savoir, en outre, que le gouvernement compte également mobiliser des ressources complémentaires, notamment à travers les recettes issues du secteur minier, en attendant le paiement intégral des réparations dues par l’Ouganda.
Le ministre de la Justice a, par ailleurs, indiqué que la reprise des activités du Frivao va se faire en deux étapes dont des indemnisations collectives en faveur des communautés affectées suivies des indemnisations individuelles, après assainissement complet du fichier. « Le Frivao ne doit plus être un instrument de corruption et de discrédit. Il doit redevenir un outil crédible de justice réparatrice au service des victimes », a conclu le ministre, cité par la source, réaffirmant l’engagement du gouvernement en faveur de la transparence, de la redevabilité et du respect de l’État de droit.
Nommé en août 2025, le ministre de la Justice est intervenu devant cette chambre haute du Parlement de la RDC, dans le cadre d’une question d’actualité posée par le sénateur Clément Muya Muboyayi, portant à la fois sur la régularité juridique du permis de culte et sur la gestion du Frivao. Abordant le dossier du Frivao, institué en 2019 pour exécuter les réparations ordonnées par la Cour internationale de Justice (CIJ), il a fait état de « dysfonctionnements majeurs » et de détournements de fonds.
Sur près de 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions auraient été effectivement versés aux victimes. Par ailleurs, le nombre de bénéficiaires a connu une augmentation anormale, passant de 3.000 victimes certifiées à plus de 14.000, voire 16.000 dans certaines zones comme Kisangani, révélant de possibles fraudes, indique-t-on.
ACP/C.L.

