Sud-Ubangi: un détenu libéré après neuf mois de détention sans procès

Gemena, 21 juin 2026 (ACP).- Un habitant de Bombili, dans le territoire de Kungu auSud-Ubangi, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a étélibéré après neuf mois de détention sans être jugé dans la prison centrale d’Angenga àGemena, chef-lieu de la province, a constaté dimanche l’ACP.

«J’habite Bombili, secteur de Lua, dans le territoire de Kungu, province du Sud-Ubangi, j’ai passé neuf mois enfermé sans voir un juge, sans comprendre la raisonde ma détention. Ma famille a tout vendu pour me nourrir et payer l’avocat.Aujourd’hui, je suis dehors, mais je suis brisé», a-t-il déclaré à la sortie de prison, lavoix encore tremblante.

Arrêté en septembre 2025 pour une affaire de droit commun, l’homme a été gardé à laprison centrale de Gemena dans l’attente d’une audience qui n’est jamais arrivée.

Salibération est intervenue après l’intervention d’une organisation de défense des droitsde l’homme et l’examen de son dossier par le parquet.

Aucune charge n’a pu être retenue, faute de magistrat disponible pour siéger. Pour lafamille de l’ex-détenu, la priorité est maintenant à la prise en charge médicale et laréinsertion. 

Pour lui, cette situation est attribuée à la carence des juges dans les cours ettribunaux du Sud-Ubangi. Plusieurs juridictions de la province fonctionnent avec uneffectif réduit, ce qui provoque l’accumulation des dossiers et le blocage desaudiences.

«La liberté n’efface pas le temps perdu. L’État doit comprendre que garder uncitoyen sans jugement, c’est violer ses droits», a-t-il soutenu.Des sources judiciaires ont confirmé à l’ACP que le tribunal de grande instance et letribunal de paix de Gemena enregistrent des retards chroniques.

Des dossiers restenten attente pendant des mois, faute d’un nombre suffisant de magistrats pour tenir lesaudiences.

Les organisations de la société civile du Sud-Ubangi, exploitant la thématique «droitsde l’homme», dénoncent régulièrement cette situation qu’elles qualifient de «détention arbitraire déguisée».

Ainsi, elles ont invité le ministère de la Justice nationale à affecter en urgence desmagistrats et à renforcer les moyens de fonctionnement des tribunaux. ACP/PGNB

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