Kisangani, 02 avril 2026 (ACP).-Un avocat du barreau de la Tshopo, au Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), a sollicité l’acquittement du médecin ayant porté des coups à une patiente dans la salle d’accouchement, invoquant l’absence d’intention criminelle et l’obligation légale de sauver une vie, selon une correspondance consultée jeudi, par l’ACP.
« Le droit pénal est clair : face à un danger grave, actuel et imminent, le médecin est tenu d’agir pour sauver la vie ; dans ce cas précis du docteur David Balanangay, l’état de nécessité, l’absence d’intention criminelle et l’obligation d’assistance justifient pleinement son acquittement », a déclaré Me Dominique Kangamina, avocat au barreau de la Tshopo.
D’après cet avocat, plusieurs éléments factuels démontrent que l’inaction aurait conduit à un décès certain. La patiente, en état critique, n’aurait pas coopéré malgré les tentatives de prise en charge par d’autres médecins, rendant l’intervention du Dr Balanganayi inévitable pour sauver sa vie.
Me Kangamina insiste également sur le devoir d’assistance à personne en danger, qu’il qualifie d’obligation légale. « Le médecin n’a pas seulement été autorisé à intervenir : il y était juridiquement tenu », a-t-il précisé.
S’agissant des gestes controversés posés par ce médecin, notamment des gifles administrées à la patiente, ce praticien du droit estime qu’ils doivent être appréciés sous l’angle de la proportionnalité. « Ces gestes ne relèvent pas de la violence gratuite mais de l’usage minimal de contrainte nécessaire pour sauver une vie », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, l’absence d’intention criminelle constitue, selon lui, un élément déterminant. « Rien ne permet d’affirmer que le médecin a voulu nuire ; son objectif était unique : sauver une vie », a-t-il affirmé, ajoutant que la diffusion de la vidéo à l’origine de la controverse ne saurait être imputée au médecin Balanangay.
Me Kangamine met en garde contre les conséquences d’une éventuelle condamnation, qu’il considère comme un précédent dangereux pour la pratique médicale. « Condamner un médecin qui sauve, c’est installer la peur dans les services d’urgence », a-t-il alerté, estimant que cela pourrait accroître les décès évitables, notamment chez les femmes enceintes.
Au regard de ces éléments, Me Kangamina a affirmé que le droit devrait conduire à l’acquittement du médecin poursuivi. « Son acte n’est pas une faute, mais l’expression d’un courage professionnel rare », a-t-il conclu, posant la question sur le modèle de médecine que la société entend promouvoir.
ACP/JF

