Violences sur une parturiente à Kinshasa : le médecin dit avoir essayé de collaborer

Kinshasa, 28 mars 2026 (ACP).- Le médecin poursuivi pour violence lors d’une intervention chirurgicale a déclaré devant le tribunal avoir essayé de collaborer avec la patiente, au cours d’un procès en flagrance vendredi devant le tribunal de grande instance de Kinkole, à l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« J’ai essayé de collaborer avec notre accoucheuse en lui disant qu’elle ne comprenait pas le danger qu’elle courait. Une infection peut s’ensuivre et je me trouvais devant une grande déchirure et, si je n’agis pas, rien ne va arrêter l’hémorragie », a déclaré David Balanganayi, médecin de l’hôpital général de référence de Kinkole.

Et d’ajouter : « J’étais devant un dilemme. J’ai expliqué le bien-fondé, mais on dirait que la personne ne comprenait pas le bien-fondé de mon intervention. Connaissant le danger qu’elle courait et connaissant le danger que je courais également, j’ai dû utiliser une autre méthode. J’ai commencé par la grimacer pour la contraindre afin d’atteindre les objectifs qui lui sont favorables. Mais les intimidations étaient sans suite », a-t-il expliqué.

Il a argumenté en outre : « après les paroles, je vous assure je suis passé aux actes parce que j’étais devant un état de nécessité mais que mon accouchée ne comprenait pas. Je ne pouvais pas encaisser un décès maternelle alors que par les moyens utilisés je pouvais l’a sauvé. Jugez moi pour les résultats et non pour les moyens. Les moyens peuvent sembler malveillants mais le résultat a été très positif. Je reconnais que je suis allé par la contrainte physique».

Selon le médecin Balanganayi, la patiente avait subi plusieurs lésions après son accouchement et présentait une hémorragie importante. Il était donc nécessaire de procéder à la suture des plaies. Cependant, la patiente refusait catégoriquement l’intervention. Au même moment, l’hôpital faisait face à six autres cas d’urgence.

Notons que deux autres médecins avaient également tenté d’intervenir, mais la patiente persistait dans son refus, malgré le danger mortel qu’elle encourait.

À la question de savoir pourquoi il a ordonné que cela soit filmé, le docteur s’est justifié en disant que c’était pour se défendre devant sa hiérarchie :
« J’ai ordonné que la scène soit filmée pour me défendre devant ma hiérarchie parce que de tels faits sont punis non seulement au niveau de l’hôpital, mais aussi au niveau de la hiérarchie », a-t-il expliqué.

Concernant la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux, le médecin nie en être l’auteur. Il précise qu’après l’intervention, il n’y a plus accordé d’importance, estimant avoir atteint son objectif principal, qui était de sauver la vie de la patiente.

Après audition, le tribunal a fixé la prochaine audience pour lundi prochain.

ACP/C.L.

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