Belgique-Katanga : un chercheur appelle à une lecture apaisée d’une histoire commune

Kinshasa, 21 juillet 2026 (ACP).- Les relations historiques entre la Belgique et le Katanga, province dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), marquées par un passé colonial complexe, doivent être appréhendées comme un levier de dialogue culturel, de recherche scientifique et de préservation du patrimoine, a soutenu mardi un chercheur lors d’un entretien avec l’ACP.

« Le passé entre la Belgique et le Katanga appartient à une histoire commune qui mérite d’être étudiée dans toute sa complexité, avec ses réalisations, ses contradictions et ses blessures. Le véritable enjeu est désormais de transformer cette mémoire en un dialogue culturel et intellectuel tourné vers l’avenir », a déclaré Félix Kiluya Mumba Mwape, chercheur en histoire contemporaine, à l’occasion de la fête nationale belge.

Selon ce chercheur, les relations entre la Belgique et le Katanga se sont particulièrement développées durant la période coloniale, lorsque cette région, riche en ressources minières, occupait une place stratégique au sein du Congo belge.

Pour lui, le développement d’Élisabethville, devenue aujourd’hui Lubumbashi, a notamment laissé un héritage important sur les plans urbain, éducatif, industriel et culturel.

Il a relevé que cette histoire ne saurait être analysée uniquement sous l’angle de l’action européenne, rappelant que les populations katangaises ont joué un rôle déterminant dans la construction de leur région grâce à leur travail, leurs savoir-faire, leurs traditions et leur capacité à adapter les influences extérieures à leurs réalités culturelles.

Le patrimoine du Katanga résulte ainsi d’un long processus d’échanges, d’influences réciproques, mais aussi de résistances et d’adaptations qui façonnent encore aujourd’hui l’identité de cette partie de la République démocratique du Congo.

Évoquant la période contemporaine, Félix Kiluya Mumba Mwape a indiqué que les rapports entre la Belgique et le Katanga reposent désormais sur des bases nouvelles, fondées notamment sur la coopération universitaire, la recherche historique, les échanges culturels, la préservation du patrimoine et les relations humaines.

Il a souligné que les archives, les œuvres, les institutions et les témoignages hérités de cette période constituent des ressources précieuses pour mieux comprendre le passé, tandis que les chercheurs et historiens katangais contribuent de plus en plus à enrichir cette mémoire à partir des sources locales et des récits des populations.

Pour le chercheur, une approche lucide et sereine de cette histoire commune permettra de renforcer les liens entre les deux parties autour de la connaissance mutuelle, de la valorisation du patrimoine, de la recherche scientifique et du respect des identités culturelles.

« L’histoire peut devenir non seulement un témoignage du passé, mais aussi un pont entre les générations et entre les peuples », a-t-il conclu. ACP/K/BA

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