Kinshasa, 21 juillet 2026 (ACP).- La période coloniale en République démocratique du Congo (RDC) a laissé un héritage artistique contrasté, marqué par la création d’institutions culturelles modernes et la perte d’une partie du patrimoine national, a indiqué mardi une source associative à l’occasion de la fête nationale de la Belgique.
« La période coloniale a laissé un héritage artistique à double visage. D’un côté, elle a favorisé la création d’institutions culturelles et l’émergence de la création moderne ; de l’autre, elle a entraîné la spoliation de nombreuses œuvres d’art et la marginalisation de plusieurs expressions culturelles congolaises », a déclaré Paul Muabilayi, coordonnateur du cercle culturel « Les Portes de Sion ».
« On ne peut pas parler de cet héritage sans rappeler qu’il s’est construit dans un contexte de domination coloniale. Les infrastructures culturelles existent, mais elles sont aussi le reflet d’une époque marquée par de profondes inégalités », a-t-il ajouté.

Évoquant les principaux acquis culturels hérités de cette période, il a cité plusieurs secteurs ayant contribué à l’évolution de la création artistique congolaise.
« La création de l’École Saint-Luc, devenue l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, le développement de la littérature, de la presse, des arts plastiques, de la musique moderne, ainsi que les premières expériences théâtrales et cinématographiques, ont contribué à façonner le paysage culturel congolais », a-t-il précisé.
Selon Paul Muabilayi, la République démocratique du Congo poursuit un processus de réappropriation de son héritage culturel afin de réparer les conséquences de la période coloniale.
« Depuis l’indépendance, la République démocratique du Congo s’emploie à se réapproprier son patrimoine culturel, à le valoriser et à obtenir la restitution des œuvres emportées à l’étranger, afin de préserver son identité et de la transmettre aux générations futures », a-t-il indiqué.
La fête nationale de la Belgique, célébrée le 21 juillet de chaque année, commémore la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold Ier, en 1831. En République démocratique du Congo, cette date ravive également les débats sur l’héritage de la colonisation belge, marqué à la fois par la mise en place d’institutions et d’infrastructures, ainsi que par les spoliations, les violences et les pertes du patrimoine culturel congolais. ACP/JK (SP)/BA

