Cinéma : le roman « Le Bel Immonde » de l’écrivain Mudimbe adapté en film poétique

Kinshasa, 12 octobre 2025 (ACP).- Une adaptation cinématographique tiré d’un fragment du roman « Le Bel Immonde » de feu l’auteur congolais Valentin-Yves Mudimbe a été réalisée dans la ville de Lubumbashi (Haut-Katanga), dans le sud-est de la République démocratique du Congo, afin d’honorer sa mémoire, a indiqué dimanche à l’ACP le réalisateur du film.

« Ce film, intitulé Bel Immonde, a été écrit par le producteur Christian Nyampeta, un artiste américain, et est tiré d’un fragment du livre Le Bel Immonde du professeur Mudimbe. Le but était d’honorer sa mémoire. Je n’ai été que le réalisateur choisi à Lubumbashi parmi tant d’autres, et j’ai eu la chance de réaliser ce magnifique film », a déclaré Magellan Kahozi, réalisateur dudit film.

« Je pense que ce film ouvre de nouvelles perspectives pour le cinéma d’auteur. Plus on fait des films de qualité, plus on attire des producteurs du monde entier, et plus les réalisateurs congolais en particulier les Lushois peuvent se faire connaître », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le message qu’il souhaite transmettre à travers cette expérience cinématographique, Magellan Kahozi s’est voulu porteur d’un espoir concret pour la jeunesse congolaise.

« Le message que je veux transmettre, c’est de croire en ses rêves. Un jour, ils deviennent réalité. Moi, j’ai décidé de faire du cinéma, et aujourd’hui, un producteur américain m’a repéré. C’est un honneur, et cela me motive à travailler encore plus dur », a-t-il expliqué, ajoutant que le court-métrage Bel Immonde, d’une durée de dix minutes, s’inscrit dans une démarche particulière.

« Il s’agit d’une anthologie internationale née de l’imagination du producteur Christian Nyampeta. Ce dernier a choisi plusieurs réalisateurs issus de différents pays afin de mettre en images, chacun à sa manière, divers fragments du roman de Mudimbe, avec sa propre sensibilité et son regard », a précisé Magellan.

Selon lui, sur le plan artistique, la collaboration avec cet enseignant d’art américain s’est révélée très fructueuse, marquée par une confiance mutuelle et un respect du processus créatif.

« J’ai vraiment aimé le fait que Christian Nyampeta, un artiste international, m’ait laissé la liberté de transformer certaines choses dans son scénario. Il m’a permis d’être créatif, sans rien m’imposer. Et surtout, il a été émerveillé par le travail colossal que mon équipe et moi avons accompli », a-t-il affirmé.

Nécessité de valoriser les talents de Lubumbashi face aux inégalités d’opportunités

Enfin, évoquant les réalités du milieu cinématographique congolais, le jeune réalisateur a dressé un constat lucide mais porteur d’espoir.

« Nous, artistes lushois, avons peu d’opportunités, mais une forte volonté de bien faire les choses. Kinshasa a beaucoup d’opportunités, mais elles sont souvent mal exploitées. Résultat : les artistes de Kinshasa perdent parfois en crédibilité. Si le regard se portait aussi sur nous, à Lubumbashi, nous pourrions représenter valablement ce pays, comme nous le faisons déjà depuis un bon moment », a souligné le cinéaste.

Bel Immonde est actuellement présenté sous le projet Carnet d’Amérique, à la Biennale internationale d’art contemporain de Göteborg 2025, en cours en Suède jusqu’au 30 novembre, sous le thème « a hand that is all our hands combined ». L’œuvre dialogue avec l’héritage de Valentin-Yves Mudimbe (1941–2025), penseur majeur de la décolonisation, de l’identité et de la mémoire.

Cette opportunité a été rendue possible grâce au centre d’art Waza, à Lubumbashi, dont le soutien a permis la rencontre décisive entre Magellan Kahozi et Christian Nyampeta, indique-t-on.

ACP/C.L.

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