Cinéma : les chansons ‘‘génériques’’ de rumba congolaise immortalisées dans un film

Kinshasa, 24 août 2025 (ACP).- Les chansons d’animation appelées ‘‘génériques’’ dans la musique en République démocratique du Congo congolaise ont été immortalisées dans un film documentaire  intitulé ‘‘ Rumba rules, nouvelle généalogique’’, diffusé dimanche, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à  Kinshasa, a-t-on constaté.

« Ce qu’on appelle à Kinshasa le ‘‘générique’’ soit une  chanson dansante très rythmée, syncopée, mêlée de nombreuses allusions et name-dropping (mabanga en lingala) donne une image très forte de la modernité de cette musique. On y trouve des citations multiples de la rumba classique et des références des danses de la rumba (…). Notre film est une immersion sur environ une année dans la carrière Brigade Sarbati, un chanteur de ce genre musical », a déclaré David Bernatchez, l’un des réalisateurs du film.

« C’est une musique importante à Kinshasa qui porte beaucoup d’histoire, et même si nous ne pouvons pas tout raconter dans ce documentaire, nous proposons une incursion dans la vie de cet orchestre », a-t-il dit.

Ce documentaire raconte comment ce chanteur a construit sa légende, notamment en opposant la figure du chanteur à celle de l’homme qui semble avoir tous les droits sur l’orchestre.

Le réalisateur Bernatchez a expliqué que cette approche relève du « cinéma direct » ou cinéma d’immersion, où aucune narration extérieure ne vient commenter les images.

« Le spectateur est invité à vivre en temps réel les répétitions, les séances en studio, ainsi que les différents événements qui rythment la vie de l’orchestre », a-t-il fait remarquer.

Cette œuvre de 107 minutes, centrée sur la danse et l’animation musicale met en lumière la dynamique collective et créative de plusieurs animateurs qui ont marqué l’histoire de cette musique. Notamment : l’animateur Brigade Sarbati, qui a travaillé plusieurs générique dans les célèbres groupes tels que ‘‘Wenge Musica Maison Mère’’ de Werrason et ‘Quartier Latin’’ de Koffi Olomide.

Brigade Sarbati représente selon lui, à la fois la mémoire et la modernité de la rumba congolaise : « ses musiciens, jeunes et étudiants de l’Académie des Beaux-Arts tels que Ya Mayi, Alfred Solo, Kirikou, Lumumba, Pitchou, et Travolta, incarnent tour à tour les membres de l’orchestre, complétant une troupe d’environ une trentaine de musiciens ».

« Par le biais de prises de vues vraies et spontanées, ce documentaire dévoile la richesse des relations humaines au sein de l’orchestre et les codes qui régissent ce monde profondément hiérarchisé ».

Au cœur du récit, le rôle central du chanteur, souvent assimilé au président dans la rumba, a été mis en avant.

Ce documentaire a présenté aussi la pluralité des acteurs autour de l’orchestre : « des musiciens d’hier à ceux d’aujourd’hui, des supporteurs locaux aux mécènes de la diaspora. Cette polyphonie reflète non seulement la capitale congolaise mais aussi les multiples temps et dimensions de la musique africaine moderne ».

La musique jouée dans le film intègre des airs de Papa Wemba, Franco Luambo, et bien sûr Brigade Sarbati, rappelant la richesse et la continuité historique de la rumba congolaise.

« Rumba Rules, Nouvelle Généalogique » est plus qu’un simple documentaire musical. C’est un regard profond sur l’économie, les relations et les codes sociaux qui régissent les orchestres de la rumba à Kinshasa. Par cette plongée immersive dans la vie d’un groupe, les réalisateurs offrent un hommage vibrant et contemporain à une musique monumentale de l’Afrique moderne », a conclu le réalisateur.

ACP / C.L.

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