Kinshasa, 12 juillet 2026 (ACP).- Un plaidoyer visant à capitaliser l’action pédagogique de Gilda Poussa, enseignante congolaise reconnue pour la dispensation de cours gratuits aux candidats à l’Examen d’État sur les réseaux sociaux, a été lancé par un ministre honoraire brazzavillois joint au téléphone dimanche par l’ACP depuis Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« En République du Congo, l’école cherche des solutions. Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, une femme fait déjà école. Chaque jour, sur ses stories Facebook, Mme Gilda Poussa, née Motsara, dispense des cours gratuits aux candidats aux examens d’État du cycle secondaire. Mathématiques, physique, philosophie, littérature : aucune discipline ne lui résiste », a déclaré Ouabari Mariotti, ministre honoraire de la justice et ancien proviseur du Lycée Victor Augagneur Karl Marx de Pointe-Noire.

Mme Gilda Poussa
D’après lui, « cette femme explique, décortique, encourage. Des jeunes Congolais s’y accrochent comme à une bouée ».
« Sauf si je me trompe, l’action pédagogique de Mme Gilda Poussa reste informelle, individuelle, non exploitée par la puissance publique congolaise. Il y a quelques mois, dans une tribune publiée depuis Abidjan, en Côte d’Ivoire, j’appelais déjà le ministère congolais de l’Enseignement primaire et secondaire à conclure une disposition avec Mme Gilda Poussa », a-t-il précisé.
Ouabari Mariotti estime que si cet appel est resté sans écho, il est temps d’amplifier le propos.
« L’action pédagogique de Mme Gilda Motsara est un bien commun. L’État devrait s’en saisir. Mme Gilda Poussa manie avec aisance les matières les plus redoutées du système éducatif congolais. Elle rend accessible ce que beaucoup d’élèves considèrent comme inaccessible. Sa pédagogie ne sacrifie ni la rigueur ni la clarté. Elle vulgarise sans trahir la science », a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : « Son talent n’est pas seulement académique. Il est didactique. Elle sait où l’élève bute, quel mot débloque une démonstration, quelle image fixe une règle de grammaire. […] L’État congolais doit repérer et s’appuyer sur ces talents organiques. L’école ne peut pas tout. Quand une citoyenne crée un service public de fait, la puissance publique doit l’accompagner, la sécuriser, l’amplifier. Pas l’ignorer. La gratuité des cours de Mme Gilda Poussa rappelle que l’éducation est un droit ».
« Il convient de signaler que la République du Congo a devant elle une opportunité rare : celle de transformer une initiative individuelle d’une femme de culture en politique publique, sans dénaturer ce qui fait sa force. L’action pédagogique de Mme Gilda Poussa est là. Il appartient au ministère de l’Enseignement primaire et secondaire de la capitaliser pour la mettre au service du plus grand nombre », a conclu Ouabari Marioti.
ACP/ EN (SP)

