Kinshasa, 15 août 2026 (ACP).-La culture, les traditions et les arts considérés comme un patrimoine commun à préserver dans l’histoire de la République démocratique du Congo et la République du Congo, ont été relevés samedi à Kinshasa par un chercheur à l’occasion de la fête nationale du Congo-Brazzaville.
« La fête nationale de la République du Congo, célébrée ce samedi 15 août, offre une occasion de mettre en lumière les liens culturels et artistiques particulièrement étroits qui unissent le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo (RDC), deux pays séparés par le fleuve Congo, mais profondément rapprochés par la culture », a indiqué Paul Muabilayi, coordonnateur du cercle culturel Les portes de Sion.
Au cœur de cette proximité figure la rumba congolaise, patrimoine culturel immatériel de l’humanité inscrit en 2021 par l’UNESCO, à la suite d’une démarche conjointe de la RDC et de la République du Congo. Cette expression musicale et dansée, populaire dans les zones urbaines des deux pays, constitue l’un des symboles les plus forts de la fraternité entre les deux peuples.
La coopération autour de la rumba congolaise démontre ainsi que la culture peut transcender les frontières et servir de véritable instrument de rapprochement entre Kinshasa et Brazzaville.
L’inscription à l’Unesco représente, à cet égard, une reconnaissance internationale d’un patrimoine vivant partagé par les deux Congo.
Au-delà de la musique, les échanges culturels concernent également les arts plastiques, la danse, le théâtre, la littérature, le cinéma, les festivals, les musées et la sauvegarde du patrimoine.
Ces différents domaines constituent autant d’espaces susceptibles de renforcer davantage la coopération entre les artistes, créateurs, chercheurs et institutions culturelles des deux pays.
Dans cette perspective, le renforcement des festivals communs, des résidences d’artistes, des expositions, des coproductions cinématographiques, des échanges entre écoles d’art ainsi que des programmes de recherche et de conservation du patrimoine apparaît comme une voie importante pour consolider cette diplomatie culturelle.
La proximité entre Kinshasa et Brazzaville, deux capitales séparées par le fleuve Congo, peut ainsi être davantage valorisée comme un espace culturel transfrontalier où les artistes des deux rives continuent de partager leurs savoir-faire, leurs créations et leur mémoire collective.
À l’occasion de cette fête nationale, les relations culturelles et artistiques entre la République du Congo et la RDC apparaissent comme un patrimoine à préserver, à transmettre et à développer, afin que le fleuve Congo demeure non pas une frontière, mais un véritable trait d’union entre les deux peuples.
« La fête nationale du Congo-Brazzaville est aussi une occasion pour la RDC de célébrer ce qui unit les deux Congo au-delà du fleuve : une histoire, des langues, des traditions, une mémoire artistique et surtout une formidable créativité », a souhaité M. Muabilayi. Il a ajouté que le prochain défi doit être de passer de la proximité naturelle entre Kinshasa et Brazzaville à une véritable politique de coopération culturelle structurée : festivals communs, résidences d’artistes, échanges entre écoles d’art, coproductions cinématographiques, expositions communes, archives musicales partagées et programmes de sauvegarde du patrimoine.
Dans cette perspective des recommandations liées à la sauvegarde de la rumba ont prévu la création de festivals communs RDC–République du Congo, organisés alternativement dans les deux pays, ainsi que le développement des écoles artistiques et la constitution d’un corpus documentaire commun sur la rumba.
« Le fleuve Congo ne devrait pas être perçu comme une frontière culturelle, mais comme un trait d’union entre deux peuples qui possèdent un patrimoine artistique exceptionnellement partagé », a conclu Paul Muabilayi. ACP/Ka/LZN

