Kinshasa, 1èr septembre 2025 (ACP).- Une interrogation générale sur la culture des funérailles à Kinshasa, en République démocratique du Congo, est véhiculée à travers la chanson ‘’Salisa bomoyi’’ de feu le chanteur Jean Baptiste Kabasele, dit Pépé Kallé, parue en 1977, a indiqué un acteur social lundi dans un échange avec l’ACP.
«Pépé Kallé, dans son œuvre Salisa bomoyi, dépeint et interroge une société kinoise où les funérailles sont plus importantes que le soutien aux vivants. L’auteur critique cette pratique et encourage les gens à aider leurs proches dans le besoin plutôt que de dépenser beaucoup d’argent pour des funérailles somptueuses», a analysé Henoc Kabemba, acteur social.
Selon lui, cette œuvre, inspirée d’un phénomène toujours observable dans la société kinoise actuelle, reste un appel à privilégier la solidarité envers les personnes encore en vie plutôt que de se concentrer uniquement sur les cérémonies funéraires.
«Pépé Kallé, à travers Salisa bomoyi, dénonce avec force cette priorité donnée aux funérailles somptueuses au détriment du soutien aux vivants, soulignant qu’il est urgent de repenser nos valeurs sociales à Kinshasa», a-t-il insisté, avant d’indiquer que la chanson Salisa bomoyi, s’ouvre sur une introduction instrumentale mettant en lumière les guitares, accompagnée d’une section rythmique où la guitare basse joue un rôle central.
«Mpona nini moto soki azali na bomoyi bakipaka ye te (“Pourquoi, quand une personne est en vie, on ne prend pas soin d’elle ?”) (…) , Soki nakeleli nasengi bakangelaka ngai ba porte kasi soki lelo ngai nakufi baluka bakunda ngai na talo
(“Si je suis dans le besoin et que je demande, on me ferme les portes, mais si je meurs aujourd’hui, on m’enterre avec les honneurs”)», a-t-il paraphrasé quelques couplets entonnés dans ce chant responsorial dominé par Pépé Kallé comme chef de chœur, accompagné des chanteurs Papy Tex et Papa Djos.
Dans ce même registre, la troisième partie de cet opus, paru en format 45 tours grâce aux éditions Kindo, sous la référence KIN-06, s’affirme également dans un sébène rythmé par la batterie de Ridjo Star, la guitare solo de Boeing 737, la guitare rythmique d’Elvis Nkunku et la guitare basse de M P Cheniet.
«Enrichie par des animations vocales, cette progression musicale accompagne la dénonciation profonde des priorités sociales exprimées dans les paroles», a-t-il dit.
Jean Baptiste Kabasele Yampanya, dit Pépé Kallé, est né le 30 décembre 1951 à Kinshasa. Il commence sa carrière musicale dans la chorale Saint-Paul avant d’enregistrer en 1968 avec Papy Tex leur premier disque Pardon Papy. En 1970, ils intégrèrent le groupe Myosotys puis Africa Choc, remportant le trophée du meilleur orchestre. En 1972, Pépé Kallé fonda avec Dilu Dilumona et Papy Tex l’Empire Bakuba, groupe emblématique de la musique congolaise. Sa musique, mêlant soukous et rythmes traditionnels, connut un grand succès jusqu’à sa mort en 1998. ACP/

