Kinshasa, 05 novembre 2025 (ACP).– La pré-dote pratiquée dans la province du Katanga, dans le Sud de la République démocratique du Congo, a été perçue, mercredi, comme un véritable code d’honneur et un acte de reconnaissance dans le cadre du mariage, a indiqué un spécialiste de l’histoire contemporaine de cette contrée, lors d’un entretien avec l’ACP.
«La pré-dote katangaise est bien plus qu’un rituel. Elle est un code d’honneur, un acte de reconnaissance, une porte sacrée vers l’union des familles. Ancrée dans l’histoire, elle continue d’éduquer et d’unir, génération après génération», a déclaré Félix Kiluya, spécialiste de l’histoire contemporaine du Katanga.
Selon lui, les cérémonies de la pré-dote sont enracinées dans les traditions ancestrales des peuples du grand Katanga. «Les cérémonies de la pré-dote ne sont pas nées d’un hasard, mais d’une construction sociale ancienne, fondée sur le respect, la négociation, la symbolique et la reconnaissance des alliances entre familles», a-t-il souligné.
Et de renchérir : «Ces pratiques sont nées parmi les peuples Luba et Bemba, qui dominaient alors une grande partie de l’actuelle région du Katanga. Ce rituel, appelé localement »kifunga mulango », « mbilisho », « kupitisha » ou « kulonga » selon les dialectes, marquait le début du processus matrimonial, une sorte d’engagement préliminaire avant la dot officielle».
Félix kiluya a explicité qu’à l’origine, la pré-dote n’était pas perçue comme une transaction, mais comme un acte social et spirituel. Elle permettait de manifester publiquement l’intention sérieuse du prétendant et de sa famille à l’égard d’une fille, tout en ouvrir un dialogue entre les deux clans ou familles, évaluer les compatibilités sociales, culturelles et parfois même spirituelles entre les deux familles, garantir un respect mutuel, avant que la dot proprement dite ne soit envisagée.
Déroulement traditionnel
Félix kiluya a précisé que la pré-dote impliquait l’envoi d’un petit groupe d’hommes âgés, appelés souvent balume bamikolo, porteurs de symboles tels que : un panier de farine de manioc, symbole de la nourriture commune, un poulet ou un coq, représentant la vie, du sel pour symboliser le goût et l’harmonie, ainsi qu’un peu d’argent ou quelques pièces de cuivre , montrant la capacité d’assumer la suite.
«Avec le temps, les cérémonies de pré-dote ont évolué mais en gardant leur fonction symbolique forte. Aujourd’hui encore, même les jeunes en milieu urbain y recourent, car elle est vue comme un signe d’honneur et de respect envers la famille de la fille », a-t-il conclu.
Félix Kiluya est passionné et défenseur de l’histoire contemporaine du Katanga. Son rôle n’est pas d’attiser les tensions, mais de réveiller les consciences. En plus, son objectif est de réconcilier la jeunesse katangaise avec sa mémoire collective, en lui transmettant des récits authentiques, équilibrés et enracinés. ACP/UKB

