Kinshasa, 11 mars (ACP).- Le gouvernement congolais a été appelé mardi par un opérateur culturel, à réduire la taxe dans l’industrie littéraire en République démocratique du Congo (RDC), afin de favoriser l’accès à la lecture du livre imprimé à l’ère du numérique.
«Une politique culturelle ambitieuse devrait encourager l’édition locale, soutenir les acteurs privés qui investissent dans le secteur de la littérature et alléger certaines charges fiscales pesant sur les biens culturels. La réduction de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le livre constituerait une mesure concrète permettant de rendre la lecture plus accessible dans un contexte de pouvoir d’achat limité », a fait savoir Didi Kembola, écrivain-opérateur culturel congolais.
Pour lui, la crise du livre en RDC n’est pas un phénomène récent. Elle plonge ses racines dans plusieurs décennies d’absence de politiques culturelles structurées et dans la marginalisation progressive de la lecture dans notre société.
«Aujourd’hui, cette situation s’est encore aggravée avec l’arrivée du numérique et du livre électronique. Ces nouveaux outils peuvent constituer une opportunité pour l’accès au savoir, mais ils ne doivent pas conduire à la disparition du livre imprimé, qui reste un pilier essentiel de la transmission des connaissances », a-t-il dit.
L’opérateur culturel a exhorté les dirigeants et la société civile, à faire de la lecture une grande cause culturelle nationale.
« Une nation qui cesse de lire commence lentement à perdre sa mémoire, sa capacité d’analyse et sa liberté de pensée. C’est pourquoi l’État congolais doit jouer un rôle central dans la reconstruction de la chaîne du livre », a recommandé Kembola.
« Car au fond, la question du livre dépasse largement la littérature. Un peuple qui ne lit pas laisse les autres penser à sa place. Un peuple qui n’écrit pas laisse les autres raconter son histoire. La lecture est la respiration du savoir.Sans livres, une nation s’appauvrit intellectuellement. Avec les livres, elle construit sa mémoire, sa conscience et son avenir », a-t-il soutenu.
Nécessité d’une chaîne de bibliothèques municipales
Toutefois, l’écrivain a évoqué la nécessité de mettre en place un réseau de bibliothèques municipales dans chaque territoire du pays.
« Ces bibliothèques devraient être conçues comme de véritables espaces modernes de savoir : des lieux ouverts où coexistent les livres imprimés et les outils numériques, permettant aux jeunes comme aux adultes d’accéder à la lecture, à la documentation et à la recherche », a-t-il indiqué.
« Les écoles devraient également intégrer ces bibliothèques dans leur parcours pédagogique, en organisant régulièrement des visites éducatives encadrées, afin d’initier les élèves à la culture du livre , dès le plus jeune âge », a ajouté l’opérateur culturel.
Didi Kembola a, aussi suggéré, la mise en place du ‘‘pass culture’’ qui est une autre mesure intéressante pourrait être adaptée au contexte congolais à l’ère du numérique.
Déjà expérimenté dans certains pays, explique-t-il : «ce dispositif permet aux jeunes d’accéder à des biens et à des activités culturelles: livres, musique, spectacles, gratuitement ou à tarif réduit ».
Et de renchérir : « Certes, un tel programme représente un coût pour les finances publiques. Mais investir dans la culture et dans la jeunesse n’est jamais une dépense inutile : +c’est un investissement dans l’avenir intellectuel d’une nation +».
Pour la source, le gouvernement, et les médias comme composante de la société civile doivent également soutenir l’émergence de nouveaux auteurs congolais.
« Les médias doivent jouer leur rôle dans la valorisation de la culture écrite. Il serait pertinent que les cahiers des charges des chaînes de télévision, des radios et des plateformes publiques intègrent des émissions culturelles régulières consacrées aux œuvres littéraires et à leurs auteurs », a-t-il conclu.
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