Kinshasa, 09 mars 2026 (ACP)- La différence entre les civilisations Bakongo et Baluba, deux grandes ethnies de la République démocratique du Congo (RDC), a été explorée lundi au cours d’un forum par un analyste culturel en vue d’établir la lumière sur le fonctionnement et la structure mises en place par ces peuples.
« Pour les Bakongo (Kongo-Central, Bandundu, Kwango), la famille ne se définit pas par le père, mais par la mère. On appartient au Kanda (clan) de celle qui nous a mis au monde. À l’opposé, chez les Baluba (Kasaï, Katanga), le père est le soleil autour duquel gravite la famille. C’est le système du Cifuba (clan du père) », a indiqué Luc Ilunga, analyste culturel congolais.
D’après lui, le Ngwa Nkasi (L’Oncle Maternel) : Bien que la transmission soit féminine, le pouvoir reste souvent exercé par les hommes, notamment l’oncle maternel qui est le chef juridique du clan.
« Il valide les mariages et assure la protection de ses neveux. Le père biologique est l’éducateur, mais l’oncle est le garant coutumier de la lignée. Traditionnellement, le père Mukongo est un protecteur affectif, mais ses propres enfants ne sont pas ses héritiers coutumiers ; ils appartiennent au clan de leur mère. », a-t-il explicité.
Il a poursuivi : « Chez les Baluba, l’enfant est le prolongement du sang et du nom de son père. Dès que la dot est versée, l’intégration de l’enfant dans le lignage paternel est totale et définitive. »

Il a également souligné que : « À la mort d’un homme Mukongo, ses biens coutumiers retournent souvent à son propre clan (ses neveux, fils de sa sœur). Ses enfants biologiques peuvent être perçus comme des invités qui doivent retourner dans leur famille maternelle pour bénéficier de l’héritage de leur oncle. »
Il convient de signaler que les Bakongo vivent principalement dans l’ouest de la RDC, tandis que les Baluba vivent dans le centre-sud du pays. ACP/C.L.

