Kinshasa, 19 mars 2026 (ACP). – La vraie identité des Besingombe, un sous-groupe ethnique vivant principalement dans le territoire de Mbanza-Ngungu, au Nord-est de la province du Kongo-Central, en République démocratique du Congo, a été mise en lumière comme un pilier de l’héritage national et spirituel, a appris l’ACP jeudi à Kinshasa d’une chercheuse en histoire contemporaine
« On a l’habitude de parler des Bakongo comme d’un bloc monolithique, mais la richesse de notre terre réside dans ses nuances. En m’intéressant de plus près à l’histoire de notre Kongo Central, je suis tombée sur le parcours fascinant des Besingombe, ou Besi Ngombe, et j’ai réalisé à quel point leur identité est un pilier de notre héritage national et spirituel », a déclaré Kalunga Bisimbi, chercheuse en histoire contemporaine.
D’après elle, il y a souvent une confusion qui laisse croire que les Besingombe ne se trouvent qu’en Angola.
« C’est une erreur historique. Si le Royaume du Kongo ne connaissait pas les frontières coloniales actuelles, le cœur battant des Besingombe se trouve bel et bien chez nous, en République Démocratique du Congo. Mais pour comprendre qui ils sont réellement, il faut lever le voile sur une vérité souvent tue : les Besingombe sont en réalité des Manianga », a-t-elle souligné.
La chercheuse a également expliqué la raison de l’appellation de « Besingombe » au lieu de « Manianga ».
« En kikongo, « Ngombe » désigne le bétail, le bœuf. On a donc fini par les appeler les Besi Ngombe, ce qui signifie littéralement « ceux qui vivent avec les bœufs » ou « ceux qui possèdent du bétail ». C’était une manière de souligner leur nouvelle puissance économique et leur adaptation à la savane, mais le sang, les ancêtres et les clans (Kanda) restent profondément Manianga. Aujourd’hui, ce nom est resté comme une identité de fierté, mais la racine est la même », a-t-elle éclairé.
Elle a fait savoir que cette force de caractère et cette organisation sociale ont d’ailleurs servi de terreau à l’un des mouvements les plus puissants de notre histoire : le Kimbanguisme.
« On ne le dit pas assez, mais l’Église Kimbanguiste a été portée et fondée en grande majorité par ces mêmes Besingombe (…). Papa Simon Kimbangu lui-même, bien que né à Nkamba, a puisé sa résilience dans cette culture Manianga-Besingombe où le respect de l’autorité ancestrale et la solidarité clanique sont des lois sacrées », a dit Kalunga Bisimbi.
En outre, elle a affirmé que sans la structure de la Kanda et la discipline de fer de ces clans, le message de Nkamba n’aurait jamais pu résister à la répression coloniale de l’époque.
« Ce qui me frappe le plus chez eux, c’est cette structure sociale qui refuse de s’effondrer malgré le temps qui passe. On parle ici de la Kanda, le clan maternel. Dans la vision des Besingombe, l’individu n’est rien sans le sang de sa mère. C’est la mère qui donne le nom, qui donne l’appartenance et qui garantit la survie du clan », a-t-elle commenté.
Il convient de signaler que chez les Besingombe, on ne règle pas un conflit ou on ne scelle pas un mariage par un simple accord verbal. On utilise la sagesse des ancêtres, on manie le verbe avec une précision chirurgicale pour que la paix sociale ne soit jamais rompue. ACP/JF

