Kinshasa, 28 mai 2026 (ACP).- Un anthropologue a expliqué que le pagne porté par plusieurs femmes en République démocratique du Congo (RDC) est considéré comme un exemple d’appropriation culturelle ayant progressivement intégré les pratiques sociales et identitaires, malgré son origine étrangère, a appris mercredi ’l’ACP dans un entretien.
« Bien que le pagne industriel communément appelé “wax” ne soit pas historiquement né en Afrique centrale, son usage répété dans les cérémonies, les activités sociales et les représentations de la féminité en a fait un véritable marqueur culturel dans la société congolaise », a déclaré Grâce Mbayo.
« Introduit à travers les circuits commerciaux et coloniaux, ce tissu a progressivement quitté le simple statut de marchandise importée pour intégrer la mémoire collective, les codes sociaux et les expressions symboliques de plusieurs communautés », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Mbayo, le pagne est aujourd’hui utilisé dans les mariages, les deuils, les manifestations religieuses, les cérémonies coutumières ainsi que dans certains espaces politiques, où les motifs et les couleurs transmettent parfois des messages sociaux ou identitaires.
Cette anthropologue culturelle a souligné en conclusion que certains chercheurs estiment toutefois que le succès du pagne industriel importé a contribué à marginaliser certains textiles traditionnels locaux autrefois utilisés dans plusieurs espaces culturels africains.
Pour sa part, Patrick Ilunga, historien des pratiques vestimentaires africaines, a indiqué que plusieurs éléments considérés aujourd’hui comme culturels dans différentes sociétés sont issus d’influences extérieures progressivement assimilées par les populations locales.
Il a par ailleurs fait savoir que la culture ne dépend pas uniquement de l’origine d’un objet, mais également de la manière dont un peuple se l’approprie, le transforme et lui attribue une fonction symbolique durable dans le temps. ACP/

