RDC : les langues locales, vecteurs authentiques de l’éloquence africaine

Kinshasa, 21 août 2026 (ACP).-L’éloquence en Afrique francophone a été  relevée vendredi à Kinshasa , en République démocratique du Congo(RDC) comme une force qui doit exclusivement caractériser  les langues locales étant donné qu’elles  portent la profondeur de la pensée, la force du message et la beauté du discours, a expliqué à l’ACP une professeure d’université.

« L’éloquence en Afrique francophone ne devrait pas être exclusivement associée à la langue française, les langues locales sont également capables de porter la profondeur de la pensée, la force du message et la beauté du discours », a estimé la professeure Nicole Ntumba Bwatshia.

Selon cette universitaire, le fait d’associer systématiquement l’éloquence à la seule langue de Molière constitue un biais regrettable qui contribue à reléguer les langues africaines au second plan, comme si celles-ci étaient incapables d’exprimer des idées complexes ou de traduire avec finesse, les réalités socioculturelles des communautés.

« La valeur d’une parole ne se mesure pas à son habit linguistique », a-t-elle fait observer, soulignant que la véritable éloquence réside avant tout dans la capacité du locuteur à traduire fidèlement sa pensée à travers une parole puissante, authentique et enracinée dans son environnement.

Pour la professeure Ntumba, les langues locales constituent ainsi des instruments essentiels de transmission des savoirs, des valeurs, des expériences et de la mémoire collective.

« Leur utilisation dans les espaces de réflexion, d’enseignement, de création artistique et de communication contribuerait à renforcer la confiance culturelle et l’affirmation identitaire », a-t-elle affirmé.

Elle a, à cet effet, salué les initiatives visant à valoriser les langues africaines et à leur redonner une place importante dans l’expression intellectuelle et culturelle.

« Grande est ma joie d’avoir pu apporter ma pierre à l’édifice de cette louable initiative », a-t-elle déclaré, avant d’exprimer sa satisfaction d’avoir contribué à une démarche en faveur de la reconnaissance de la richesse linguistique et culturelle africaine.

Cette réflexion s’inscrit dans la nécessité de promouvoir une approche de l’éloquence qui ne soit plus limitée aux critères hérités de la domination linguistique, mais qui reconnaisse la capacité de chaque langue à porter une pensée, une vision du monde et une esthétique propres.

ACP/K/LZN

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