Kinshasa, 20 juillet 2026 (ACP).- Les rites d’initiation masculine, marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte, du peuple Bapindi dans la province du Kwilu, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC), ont été présentés comme un fondement de l’identité culturelle et spirituelle, selon le prince de ladite tribu lundi à l’ACP.
« Chez nous, les Bapindi, l’initiation masculine n’est pas une cérémonie. C’est une mort et une naissance. Le Mukanda est un lien vivant avec nos ancêtres. Il ne fabrique pas seulement des hommes, il fabrique une nation soudée par la spiritualité », a déclaré le prince Arnold Kufulula.
Selon lui, le Mukanda, rite marquant le passage de l’adolescence à l’âge adulte, représente bien plus qu’une étape de la vie. Il constitue un processus de transformation spirituelle, morale et sociale, au cours duquel les jeunes acquièrent les valeurs, les responsabilités et les connaissances indispensables à leur intégration dans la communauté.
Le prince a indiqué que les initiés, généralement âgés de 13 à 18 ans, sont sélectionnés non seulement en fonction de leur maturité, mais également selon les critères traditionnels propres à la société bapindi, organisée sur un modèle matrilinéaire où l’oncle maternel joue un rôle déterminant dans le processus d’initiation.
Il a également expliqué que les enseignements dispensés au sein du camp initiatique portent, notamment sur la maîtrise de soi, l’histoire du peuple bapindi, les règles coutumières, la résolution des conflits, ainsi que sur des savoir-faire pratiques tels que la chasse, la médecine traditionnelle, la vannerie ou encore la construction.
« Le camp du Mukanda est une véritable université de brousse. Un garçon qui en sort sait nourrir sa famille, régler un conflit, soigner un malade et porter l’histoire de son peuple », a-t-il affirmé.
Abordant les symboles du rite, Arnold Kufulula a cité la circoncision, le kaolin blanc (Mpemba), les masques traditionnels ainsi que la cérémonie de réintégration, qui marque officiellement l’entrée des initiés dans le monde des adultes.
Il a souligné que les anciens, les chefs coutumiers et les maîtres des rites assurent la bonne organisation du Mukanda, garantissant ainsi la transmission fidèle des connaissances et des pratiques héritées des ancêtres.
Le prince a reconnu que ces rites ont connu des adaptations sous l’effet de la colonisation, de la scolarisation et des évolutions sanitaires, notamment avec la réduction de la durée des séjours initiatiques et le recours plus fréquent aux structures médicales pour la circoncision.
Malgré ces changements, a-t-il assuré, la communauté Bapindi poursuit ses efforts pour préserver cette tradition en encourageant le retour des jeunes au village pendant les vacances scolaires, en valorisant son patrimoine lors des manifestations culturelles et en soutenant les institutions coutumières.
« Le monde change vite, mais le Mukanda demeure notre colonne vertébrale. Tant qu’un seul garçon bapindi traversera cette forêt sacrée, notre peuple restera debout », a conclu le prince.
Créé par le peuple bapindi, établi principalement dans la province du Kwilu, le Mukanda est un rite traditionnel d’initiation masculine qui marque le passage de l’enfance à l’âge adulte. Au-delà de sa dimension culturelle, il constitue un cadre de transmission des valeurs, de l’histoire, des savoirs pratiques et des responsabilités sociales. Malgré les mutations contemporaines, ce patrimoine immatériel continue d’occuper une place importante dans la préservation de l’identité culturelle bapindi.
ACP/ S A (SP)/LZN

