Kinshasa, 10 juillet 2026 (ACP).– Les musiques traditionnelles du bassin du Congo ont été présentées comme le socle de l’identité de la rumba congolaise, contribuant à son évolution en République démocratique du Congo (RDC), a affirmé jeudi un musicologue congolais, lors d’un échange avec l’ACP.
« La Rumba n’était pas perçue comme une musique étrangère, mais plutôt comme le retour d’un patrimoine culturel transformé au fil de l’histoire », a déclaré Pytshens Kambilo.
Selon le musicologue, les recherches menées dans le cadre de son master en musicologie à l’Université Paris-Saclay, démontrent que la rumba cubaine a été rapidement adoptée par les Congolais, car elle conservait des éléments rythmiques, mélodiques et esthétiques issus des traditions musicales du bassin du Congo, emportées vers les Amériques durant la traite transatlantique des esclaves.
Il a expliqué qu’après l’abolition de l’esclavage, les traditions musicales africaines et les influences européennes s’est rencontrées à Cuba pour donner naissance à la rumba cubaine, avant que celle-ci ne revienne sur le continent africain au milieu du XXème siècle grâce aux échanges culturels et aux enregistrements diffusés par les maisons de disques et les stations de radio.
Abordant les instruments traditionnels, M. Kambilo a cité, notamment le ngoma, les maracas, le ngongi, le patenge et le likembe, qui accompagnaient les chants, les danses et les cérémonies communautaires.
« Les rythmes, les structures de réponse entre le soliste et le chœur ainsi que certaines techniques de percussion et de chant héritées des pratiques traditionnelles ont été intégrés aux instruments modernes comme la guitare, la contrebasse, le saxophone et les cuivres », a-t-il expliqué.
Le musicologue a également déploré le recul de la pratique des instruments traditionnels chez les jeunes générations, qu’il attribue notamment à la rupture de la transmission culturelle durant la période coloniale.
Il a, par ailleurs souligné que, cette situation a entraîné la disparition progressive de certains savoir-faire liés à la fabrication des instruments et la raréfaction des musiciens capables de les pratiquer.
Pour contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine, il a annoncé porter un projet visant à collaborer avec des luthiers afin de reproduire des instruments traditionnels congolais conservés au Musée royal de l’Afrique centrale.
« La maîtrise des instruments traditionnels et leur enseignement permettront aux jeunes de mieux comprendre l’héritage de leurs ancêtres, les techniques de fabrication des instruments et le fonctionnement des sociétés traditionnelles. Cette réflexion enrichira la création musicale contemporaine ainsi que les recherches en ethnomusicologie », a-t-il soutenu.
Il a, en outre, recommandé d’intégrer davantage l’enseignement de la musique traditionnelle dans les écoles de musique et de favoriser la réappropriation des instruments ancestraux par les nouvelles générations afin de préserver durablement le patrimoine musical congolais. ACP/SA(SP)

