RDC : l’œuvre ‘‘ Le Triomphant’’  de JP Mika célèbre le parcours de Chéri Samba

Kinshasa, 7 octobre 2026 (ACP).– L’œuvre picturale ‘‘ Le Triomphant’’, du peintre Jean-Paul Nsimba Mika, dit JP Mika, de la République démocratique du Congo (RDC),  a été présentée comme une allégorie de la persévérance et de la réussite de Chéri Samba, a expliqué son auteur mercredi à l’ACP, lors d’une visite dans son atelier.

« J’ai réalisé Le Triomphant Chéri Samba parce que je voulais rendre hommage à un artiste qui, pour moi, représente une véritable force de dépassement », a déclaré JP Mika, soulignant que Chéri Samba constitue non seulement une figure importante de la peinture congolaise, mais également un artiste ayant construit son parcours dans un contexte marqué par la nécessité de s’affirmer et d’imposer son regard.

‘‘Le Triomphant’’ évoque le parcours, la mémoire et la victoire sur soi-même

Selon lui, cette œuvre évoque le parcours, la mémoire et la victoire sur soi-même, en montrant que derrière une reconnaissance internationale se trouvent des années de travail, de sacrifices, de persévérance et parfois de solitude.

« Le triomphe que je représente n’est pas un cadeau tombé du ciel : c’est le résultat d’un travail de titan », a-t-il expliqué.

JP Mika a noté avoir représenté deux temporalités du même homme, avec, à gauche, le jeune Chéri Samba en noir et blanc et, à droite, l’artiste arrivé à maturité, élégant, affirmé et représenté en couleur.

« Le jeune Chéri Samba salue celui qu’il est devenu. C’est une manière de faire dialoguer le passé et le présent, le rêve et son accomplissement. Entre eux,  le curateur d’art français André Magnin joue le rôle de trait d’union », a-t-il précisé.

Le peintre a indiqué que le passage du noir et blanc à la couleur était volontaire, symbolisant le passage d’une existence en devenir à une existence pleinement révélée.   André Magnin représente, dans cette composition, une rencontre déterminante ayant contribué à ouvrir une nouvelle dimension dans la carrière de Chéri Samba.

Pour JP Mika, le terme ‘‘ Triomphant’’  désigne celui qui a traversé les épreuves sans laisser celles-ci définir ses limites. Le triomphe ne renvoie donc pas uniquement à la célébrité ou à la reconnaissance publique, mais d’abord à une victoire intérieure.

« Chéri Samba a dû frayer son chemin dans le roc. Son parcours montre qu’un homme peut partir de la vallée et atteindre la montagne à force de travail, de discipline, de créativité et de persévérance », a-t-il fait savoir.

L’artiste a également souligné que le choix de l’hyperréalisme lui avait permis de donner à cette scène une dimension presque photographique, tout en conservant la liberté de la peinture. Les vêtements, les regards, les gestes, les mains, les chaussures, les lunettes, les fleurs, le parquet et les contrastes chromatiques participent ainsi à la narration de l’œuvre.

Réalisée sur une toile de 155 sur 112 cm, ‘‘ Le Triomphant Chéri Samba’’  accorde une place importante aux détails, une dimension que JP Mika considère comme fondamentale dans sa démarche artistique.

« Pour moi, le détail n’est jamais simplement décoratif : il peut devenir porteur de sens. J’aime que le regard du spectateur puisse découvrir quelque chose même après plusieurs lectures de l’œuvre », a-t-il renchéri.

À travers cette réalisation, JP Mika a voulu transmettre un message de persévérance, de confiance et de dépassement, en invitant le public à considérer le chemin parcouru avant d’apprécier l’accomplissement.

Il a notamment évoqué la rencontre de Chéri Samba avec André Magnin ainsi que sa participation à l’exposition ‘‘ Magiciens de la Terre’’, à Paris, en 1989, comme des moments importants de sa trajectoire, tout en estimant que ces étapes de reconnaissance avaient été précédées par un travail considérable.

Onze ans après sa réalisation, le peintre considère ‘‘ Le Triomphant’’  comme une œuvre importante dans son parcours artistique, puisqu’elle rassemble plusieurs préoccupations qui l’accompagnent, notamment la mémoire, la transmission, la reconnaissance, le rapport entre générations et la place de l’artiste dans la société.

« Je ne peignais pas seulement Chéri Samba. Je peignais une idée du destin artistique. Je représentais un homme qui rencontre son propre accomplissement et qui, par son parcours, devient à son tour une référence pour ceux qui viennent après lui », a-t-il conclu.

Pour JP Mika, ‘‘ Le Triomphant’’  demeure ainsi une peinture de la victoire, mais surtout de la conquête de soi, de son langage, de son espace artistique et, finalement, du monde. ACP/ S. A. / MN

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