Kinshasa, 10 juillet 2026 (ACP). – Une analyse rigoureuse et stratégique de la place du droit dans la conduite de l’action militaire, a été proposée dans l’ouvrage ‘‘Quel rôle pour le conseiller juridique militaire au sein des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a appris l’ACP jeudi de son auteur.
« Ce livre propose une analyse rigoureuse et stratégique de la place du droit dans la conduite de l’action militaire au sein des FARDC. Il met en lumière une tension structurelle. D’un côté, l’exigence opérationnelle de l’autre, la nécessité de conformité juridique », a déclaré Étienne Bindu, général major et professeur Docteur en droit public à l’université de Lubumbashi et auteur dudit livre.
« Lorsque cet équilibre n’est pas assuré, une insécurité normative s’installe. Elle fragilise la décision militaire. Elle expose l’institution à des risques juridiques, tant au plan interne qu’international », a-t-il ajouté.
Le général major a fait savoir que, l’étude démontre que la densification des normes applicables impose une transformation du commandement. Le droit ne peut plus être perçu comme une contrainte périphérique. Il devient un outil interne de régulation, encadre la décision, structure la discipline et renforce la légitimité. Le conseiller juridique militaire occupe une position centrale. Il traduit les normes en directives opérationnelles, garantit la conformité des actes, assure également un suivi structuré de l’opérationnalisation des droits civils du militaire, depuis l’engagement jusqu’à la retraite, y compris dans leurs effets sociaux, administratifs et successoraux.
Selon lui, cet ouvrage adopte une approche systémique fondée sur une logique de causalité, un déficit de maîtrise normative entraîne une vulnérabilité opérationnelle. Cette vulnérabilité génère des risques de violation et d’engagement de responsabilité.
Poursuivant, M. Bindu a indiqué que, à l’inverse, l’intégration du conseil juridique produit un effet stabilisateur notamment, elle sécurise la décision, renforce la discipline et améliore l’efficacité globale des opérations. La juridisation de l’action militaire apparait ainsi comme un levier de performance et de crédibilité institutionnelle
C’est dans cette dynamique que, l’auteur a proposé la création d’un corps juridique militaire structuré et intégré au commandement.
« Ce corps exerce une fonction de prévention, d’encadrement et d’ingénierie juridique. Il assure la gestion des risques, l’orientation des contentieux et la sécurisation des actes. Distinct des juridictions militaires, il agit comme un intermédiaire stratégique entre le commandement et le droit. Il contribue à inscrire durablement l’action des forces armées dans une logique de légalité, de responsabilité et de gouvernance sécuritaire maîtrisée », a-t-il conclu.
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