Kinshasa, 27 octobre 2025 (ACP).- Une carte géographique de l’Angola, gravée sur le bois massif, dans son extension territoriale de Cabinda à Cunene, de l’Est au littoral, a été remise dimanche à Luanda lors de ‘’ l’édition du Caldo do poeira’’, à la famille de feu artiste Manuel Mayungu D’Oliveira par la (RNA) Radio nationale d’Angola.
« Manuel Mayungu D’Oliveira fait partie de ces figures oubliées mais fondamentales qui ont façonné les premiers accords de la musique congolaise moderne et d’Angola. Qu’il mérite d’être honoré par la remise d’une œuvre d’art en reconnaissance de son héritage culturel, en tant que pionnier venu de Mbanza Kongo », a affirmé le docteur Zolana Avelino, sociologue.
Né en 1915 à San Salvador (Mbanza Kongo), au nord de l’Angola, Manuel Mayungu D’Oliveira fait partie de ces figures oubliées mais fondamentales qui ont façonné les premiers accords de la musique congolaise moderne.
Fuyant la guerre, sa famille s’installe à Matadi en 1921. C’est là, au contact des marins ouest-africains — les Coastmen et Krou Boys — qu’il apprend à gratter la guitare et à faire vibrer les cordes de son destin. Dans les années 1950, il forme plusieurs groupes emblématiques, dont le Groupe San Salvador et plus tard le Trio Bow, avec Léon Bukasa et Antoine Wendo, sous l’impulsion de la Maison Ngoma, berceau des grands enregistrements congolais.

Musicien d’une finesse rare, D’Oliveira marie les sonorités traditionnelles aux rythmes modernes, posant ainsi les bases d’une esthétique musicale qui marquera plusieurs générations. Hélas, faute d’une discothèque nationale, une grande partie de ses œuvres s’est perdue. Il ne nous reste que cinq titres, précieusement conservés dans l’Anthologie de la Musique Zaïroise Moderne, enregistrée en 1973 grâce à l’intervention du Maréchal Mobutu Sese Seko.
Décédé le 12 janvier 1988 à Luanda, Manuel Mayungu D’Oliveira a laissé derrière lui une empreinte indélébile, celle d’un artiste visionnaire, passeur entre l’Angola et le Congo, entre tradition et modernité. Son nom résonne encore comme une guitare ancienne qu’on accorde à la mémoire. ACP/JF

