Kinshasa, 27 octobre 2025 (ACP).- Un long-métrage intitulé « Rumba Royale », mettant en vedette le chanteur Fally Ipupa, a été présenté comme un hommage vibrant à la rumba congolaise, en tant que vecteur d’identité et de mémoire collective de la République démocratique du Congo, par un réalisateur joint lundi par l’ACP.
«Rumba Royale est un long métrage dont la sortie officielle est prévue le 12 décembre 2025. La rumba, ce n’est pas qu’une musique c’est un miroir. On y voit nos amours, nos luttes, notre humour, notre nostalgie. Le film cherche à capter cette vibration-là, cette noblesse du quotidien congolais, cette manière unique de rester dignes, même au milieu du désordre», a déclaré Yohane Dean Lengol, réalisateur du film.
«La musique est le cœur du film. Elle n’est pas un décor, elle respire avec les personnages. Chaque morceau de rumba raconte un fragment de leur histoire, leurs émotions, leurs contradictions. Elle accompagne les choix, les silences, les ruptures. C’est une narration parallèle, presque spirituelle. Sans la rumba, l’intrigue ne tient pas debout ; elle est la colonne vertébrale du film», a-t-il ajouté.
Évoquant le contexte historique du film « Rumba Royale », le réalisateur revient sur le choix symbolique de l’année 1959, présentée comme un tournant décisif pour le Congo, tant sur le plan politique que culturel.
« 1959, c’est une année charnière pour le Congo. C’est la fin d’une époque et le début d’un bouleversement profond. Léopoldville, à ce moment-là, bouillonne. On sent l’indépendance approcher, on sent la jeunesse prête à reprendre la parole. Pour moi, replacer l’histoire dans ce contexte, c’était une manière de montrer d’où vient cette énergie qui anime encore notre culture aujourd’hui. Et puis, 1959, c’est aussi l’époque où la rumba congolaise commence à s’affirmer comme un langage universel, comme une identité sonore du peuple congolais» a-t-il expliqué.
Fally Ipupa, un pont entre tradition et modernité dans un rôle chargé de mémoire
Interrogé sur le rôle central de Fally Ipupa dans Rumba Royale, le réalisateur salue une performance empreinte de profondeur et de justesse, révélant un artiste en équilibre entre héritage et modernité
«Fally incarne à la fois la modernité et la tradition. C’est un artiste d’aujourd’hui qui, dans le film, porte sur ses épaules la mémoire d’hier. Son personnage est charismatique, mais aussi vulnérable. Il représente cette génération d’artistes qui doivent naviguer entre le respect des anciens et la pression d’un monde nouveau. Ce que j’ai aimé, c’est qu’il apporte une vraie sincérité dans son jeu ; ce n’est pas juste Fally le musicien, c’est un homme confronté à ses choix, à l’amour, à l’art, et à la responsabilité de représenter toute une culture», a indiqué Yohane Dean Lengol,
Il a précisé que le film ne se contente pas de célébrer ce genre musical emblématique, mais aussi la portée culturelle et la nécessité d’en assurer la transmission aux générations futures
«C’est une reconnaissance symbolique, mais surtout un rappel de responsabilité. On ne doit pas seulement célébrer la rumba, on doit la protéger, la documenter, la transmettre. Le fait que Rumba Royale arrive dans ce contexte, c’est presque providentiel. Le film devient une façon de matérialiser cette reconnaissance à l’écran, de montrer que la rumba n’est pas un vestige, mais une force vivante, encore capable d’inspirer le monde», a-t-il dit, avant de conclure :
« Ce film, c’est une déclaration d’amour au Congo et à son génie créatif. On a trop souvent présenté notre culture comme quelque chose d’exotique ou folklorique, alors qu’elle est universelle et puissante. Si un jeune congolais sort de la salle avec la tête haute, fier de ce qu’il est, fier de son héritage, alors on aura déjà gagné». ACP/JF

