Expobeton RDC : la trilogie « planifier, construire, contrôler » proposée pour sortir de l’urbanisme spontané

Kinshasa, 13 octobre 2026(ACP).- Une trilogie guidée pour la transformation des villes notamment planifier, construire selon les normes et contrôler, a été proposée pour sortir les villes de la République démocratique du Congo(RDC) de l’urbanisme spontané, a indiqué lundi le président du comité d’organisation d’ExpoBeton en marge de la 12ème  édition.

«  J’ai posé le diagnostic d’une urbanisation qui, selon moi, s’est développée trop souvent sans plan d’ensemble. Trois exigences doivent désormais guider la transformation des villes : planifier, construire selon les normes et contrôler», a déclaré Jean Bamanisa, président du comité d’organisation de l’ExpoBeton.


Son propos ne porte donc pas uniquement sur la multiplication des ouvrages. Il interroge surtout leur implantation, leur qualité, leur intégration dans la ville et leur capacité à résister dans le temps.


« Un immeuble de dix étages sur une rue non revêtue, sans collecteur, sans eau, sans courant stable, ce n’est pas du développement urbain. C’est une addition de bâtiments dans un quartier qui n’en devient pas un », a-t-il soutenu.


Pour M. Bamanisa, l’enjeu consiste à passer d’une juxtaposition de constructions à une véritable politique d’aménagement, capable d’anticiper les besoins en voirie, drainage, eau, électricité, espaces verts, équipements publics et mobilité
Kinshasa face au défi de l’eau et de l’occupation des sols

L’un des passages les plus techniques de son intervention a été consacré à l’assainissement et au risque d’inondation.


Il a présenté des données issues, selon son exposé, d’un travail de photo-interprétation réalisé sur plusieurs quartiers de Kinshasa. Il a notamment comparé la couverture bâtie et la voirie revêtue à Ngaba et à la Gombe, afin d’illustrer le déséquilibre entre les surfaces construites et les capacités d’évacuation des eaux.


Son raisonnement est simple : lorsque les surfaces bâties augmentent sans que les réseaux de drainage et les espaces d’écoulement soient préservés, les eaux de pluie finissent par chercher elles-mêmes leur chemin.


« L’eau tombe sur le toit, et elle n’a pas de rue pour s’en aller ; elle finit par creuser ses voies d’évacuation en érosions », a fait savoir M. Bamanisa.


Pour le responsable d’ExpoBéton, la réponse ne doit pas se limiter à réparer les dégâts après chaque pluie. Il préconise une approche fondée sur la connaissance du territoire, la modélisation des bassins versants et un zonage pluvial opposable, permettant notamment d’empêcher les constructions dans les zones nécessaires à la rétention ou à l’écoulement des eaux.


Cette proposition s’inscrit dans l’ambition affichée par l’édition 2026 de faire de Kinshasa un laboratoire de transformation urbaine susceptible d’inspirer les autres villes du pays.


La 12 ème   édition d’ExpoBéton RDC s’est ouverte le mercredi 7 octobre à Kinshasa sous le thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la République démocratique du Congo ». Cette édition place au cœur des échanges les infrastructures, la mobilité urbaine, l’urbanisme, le financement, le foncier, les normes de construction et la transformation des villes congolaises.


ACP/Kul

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