Kinshasa, 20 juillet 2025 (ACP).- L’industrialisation de la culture du manioc en République démocratique du Congo soutenue par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) va permettre de créer des emplois au pays, a indiqué le ministre de l’Agriculture, à l’occasion d’une initiative mondiale tenue à Hanoï, au Vietnam, a appris l’ACP samedi de source officielle.
« La FAO accompagnera effectivement les pays dont la République démocratique du Congo, dans l’industrialisation de la culture du manioc en vue de créer des emplois, de lutter contre la faim et la pauvreté au bénéfice de la population congolaise. Nous aurons encore des rencontres dans les mois à venir. Si tout se passe bien, la prochaine réunion pourrait se tenir ici même en RDC, avec la participation des 19 pays sélectionnés, provenant d’Asie, d’Afrique et d’autres régions du monde », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Grégoire Mutshail, à son retour à Kinshasa.
Selon lui, cette démarche exigera, en République démocratique du Congo, un engagement budgétaire clair, intégrant le développement de la filière manioc dans la planification nationale.
« Nous n’importons pas le manioc, c’est une culture locale abondante. Nous pouvons en tirer d’énormes opportunités: amidon, bioéthanol, aliments et transformés », a-t-il expliqué.
« C’est pourquoi, au nom du Chef de l’État et de la Première Ministre, j’invite toute la jeunesse congolaise à s’impliquer activement dans cette filière », a-t-il ajouté.
M. Grégoire Mutshail a souligné que le manioc est une culture dite « plastique » car elle demande peu d’intrants et s’adapte à plusieurs types de sols. Il suffit d’en planter les boutures et la nature se charge du reste. C’est une culture facile à cultiver, mais à fort potentiel.
A cette rencontre du Vietnam, a-t-il poursuivi, quelques pays avaient été sélectionnés pour expérimenter l’industrialisation d’une culture agricole spécifique.
« Pour la République démocratique du Congo, nous avons choisi de développer la culture du manioc. Notre participation a été très bien accueillie. Nous n’y sommes pas allés les mains vides: nous avons présenté notre modèle d’industrialisation du manioc, notamment à travers la production de farine panifiable, une innovation remarquable », a-t-il indiqué.
Il a fait savoir que cette démarche s’inscrit dans la vision du Président Tshisekedi qui promeut la revanche du sol sur le sous-sol, à travers le développement de l’agriculture.
La transformation locale du manioc
« Nous avons expliqué au Vietnam que le manioc est une culture que nous maîtrisons bien et pouvait être transformé localement en produits à forte valeur ajoutée comme la panifiable », a affirmé le ministre.
Le ministre de l’Agriculture s’est dit surpris de l’intérêt suscité par le modèle congolais. Une innovation que peu de pays n’ont pas encore mise en œuvre, même au sein de la FAO, a-t-il révélé.
La RDC entretient une production locale de manioc à Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe, dans l’ouest de la République démocratique du Congo. La société Ecosac y produit par mois 50 tonnes de farine panifiable. Une production qui doit être renforcée face à une forte demande.
La consommation de pain à base de manioc par les Congolais est à encourager, étant donné cette initiative est une innovation, soutenu le ministre.
« Nous devons valoriser la farine panifiable du manioc, qui sera composée de 70% de manioc et 30% de blé.
Ce modèle est une belle réussite que nous devons faire connaître à la population et aux marchés extérieurs », a-t-il souligné.
Le ministre de l’Agriculture revenait du Vietnam où il était allé représenter la République démocratique du Congo à une initiative mondiale organisée par la FAO. ACP/C.L.

