Kinshasa, 11 octobre 2026 (ACP).- Le plan de trésorerie de la République démocratique du Congo (RDC), a prévu pour le mois d’octobre 2026, un déficit budgétaire de 1.457 milliards CDF, résultant de recettes de 2.141,0 milliards CDF et de dépenses de 3.598,0 milliards CDF, selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC) consultée dimanche par l’ACP.
« Pour le mois d’octobre 2026, le plan de trésorerie prévoit un déficit de 1.457,0 milliards de CDF, résultant de recettes de 2.141,0 milliards et de dépenses de 3.598,0 milliards », a-t-on lu.
Selon la source, le financement de ce déficit peut s’appuyer sur deux sources principales notamment, les émissions de titres publics prévues au calendrier du quatrième trimestre (150,0 milliards de CDF et 350,0 millions de USD, soit environ 940 milliards de CDF au total) et les dépôts du Trésor auprès de la Banque Centrale, qui s’élèvent à 2.997,3 milliards de CDF au 2 octobre, contre 1.310,6 milliards à fin 2025.
« L’accumulation de ces dépôts depuis le début de l’année a réduit de 51,9 % les créances nettes de la Banque Centrale sur l’État, qui ont contribué à contracter la base monétaire. Elle témoigne de l’absence de financement monétaire du déficit et d’une coordination étroite entre les politiques budgétaire et monétaire. Un recours à ces dépôts pour couvrir le déficit d’octobre constituerait toutefois un facteur autonome d’injection de liquidité, dont l’ampleur devra être intégrée dans la programmation des interventions de la Banque Centrale », a expliqué l’institut d’émission.
Le document a révélé que les statistiques provisoires arrêtées au 30 septembre 2026 font état d’une mobilisation des recettes inférieure à la cible mensuelle, en dépit de l’échéance fiscale consacrée au paiement du deuxième acompte provisionnel de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Les dépenses ont également été exécutées en deçà des prévisions, malgré la progression des charges liées aux impératifs de souveraineté et à la paie.
Exécution des opérations financières de l’État en septembre 2026
La même source a précisé que les recettes des régies financières se sont établies à 3.790,2 milliards de CDF, contre une prévision de 4.158,2 milliards, soit un taux d’exécution de 91,2 %. A cet effet, hormis la plus-value enregistrée au niveau des recettes tirées du commerce extérieur, les impôts directs et indirects ainsi que les recettes non fiscales ont été mobilisés en deçà de leur cible.
La Direction générale des impôts (DGI) a contribué à hauteur de 67,4 % du total (2.556,4 milliards de CDF), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de 20,8 % (786,6 milliards) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaire, domaniales et de participations(DGRAD) de 11,8 % (447,2 milliards).
Par ailleurs, les dépenses publiques se sont élevées à 4.053,5 milliards de CDF, contre une prévision de
4.441,1 milliards, soit un taux d’exécution de 91,3 %.
« Les salaires des agents et fonctionnaires de l’État (1.485,2 milliards de CDF) ont dépassé leur prévision de 39,2 %, ce dépassement ayant été compensé par une moindre exécution des autres postes. Les frais financiers se sont établis à 68,5 milliards de CDF. L’écart entre les recettes des régies et les dépenses ressort ainsi à -263,3 milliards de CDF, contre -282,9 milliards prévus », a rapporté le document.
A fin août 2026, les recettes cumulées (21.142,8 milliards de CDF) ont été réalisées à 103,2% des prévisions et progressent de 13,6 % par rapport à la même période de 2025, portées par les douanes et accises (+22,4 %) et les recettes non fiscales (+16,2 %).
Les dépenses cumulées (23.494,5 milliards de CDF) ont été exécutées à 89,4 %. Le déficit de trésorerie cumulé s’est ainsi limité à 2.351,7 milliards de CDF, contre 5.794,7 milliards programmés et 3.265,0 milliards un an plus tôt.
« Les dépenses courantes progressent toutefois plus rapidement que les recettes (+20,6 %, contre +13,6 %), sous l’effet des salaires (+19,6 %) et des frais de fonctionnement des institutions politiques (+53,6 %), alors que les dépenses en capital ont été exécutées à 77,6 % », a-t-on conclu. ACP/JM

