Aéroport de N’Djili : surveillance renforcée des passagers issus des zonesaffectées par Ebola

Kinshasa, 27 juin 2026 (ACP).- La surveillance des passagers en provenance des zones affectées par le virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a été renforcée à l’aéroport international de N’djili par les services sanitaires, a-t-on appris samedi du programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF).

«Concrètement, nous établissons une liste préalable des personnesrevenant des zones touchées par l’épidémie, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette liste est ensuite transmise aux différentsservices concernés, en particulier à la direction générale de migration(DGM)», a déclaré Mireille Lembwadio, coordinatrice provinciale auprogramme national de l’hygiène aux frontières(PNHF), service public desurveillance des épidémies aux frontières du pays.

Elle a indiqué que, grâce à son système d’information, la Direction générale des migrations (DGM) est en mesure, comme dans d’autres situations nécessitant des restrictions de déplacement, d’identifier ces personnes et de leur interdire de voyager pendant la période requise.

«Dès leur arrivée à Kinshasa, les voyageurs sont clairement informés de cette mesure. Il ne s’agit nullement de leur cacher une information, mais au contraire, de les sensibiliser en amont. Nous leur expliquons qu’à leur arrivée dans une zone non épidémique, ils ne pourront pas effectuer de voyage international pendant vingt et un (21) jours», a précisé Mme Lembwadio, avant d’ajouter que durant cette période, les passagers feront l’objet d’un suivi sanitaire.

«Si, au terme de cette observation, ils ne présentent aucun symptôme, ils seront autorisés à voyager. En revanche, si des symptômes apparaissent ou si la maladie est confirmée, les passagers devront être pris en charge conformément aux protocoles sanitaires en vigueur, avant d’observer, une fois guéris, une nouvelle période de surveillance de vingt et un jours», a-t-elle renchéri.

La coordination multisectorielle de différents services saluée

Par ailleurs, Mme Lembwadio a salué la coordination multi sectorielle impliquant dans le cadre de cette opération, la Direction générale des migrations (DGM), la Régie des voies aériennes (RVA), la police des frontières, les Forces armées ainsi que l’ensemble des services concernés.

Elle a précisé que ces services disposent des mêmes informations grâce à un système interne de gestion et de partage des données.

«Ainsi, si une personne soumise à cette restriction tente d’infiltrer malgré tout de se présenter au contrôle migratoire, elle est immédiatement identifiée et empêchée de poursuivre son voyage», a-t-elle indiqué,précisant que le ministère de la Santé recoupe ces informations à travers le système d’encodage de la fiche sanitaire du voyageur.

D’après la coordonnatrice du PNHF, ce dispositif permet, dès les premières étapes du processus, d’informer le voyageur qu’il n’est pas autorisé àvoyager s’il revient d’une zone épidémique.

«Certaines personnes nous demandent parfois s’il leur est permis de retourner en Ituri plutôt que de rester à Kinshasa, notamment en raison du coût de la vie. La réponse est oui. Toutefois, si elles retournent dans une zone épidémique, le délai de vingt et un jours recommencera intégralement à courir à partir de leur prochain retour dans une zone non touchée par l’épidémie», a-t-elle fait remarquer.

«Il est essentiel que cette mesure soit comprise dans la mesure où elle est contraignante mais relève avant tout d’une démarche de prévention. Il est préférable d’agir de manière proactive aujourd’hui plutôt que d’attendre une augmentation du nombre de cas avant de réagir», a insisté Mme Lembwadio.

La reprise rapide des vols d’Air France, un élément rassurant «La reprise rapide des vols d’Air France interrompu depuis deux, est un élément rassurant. Pendant les deux jours de suspension, la compagnie apris le temps de mieux comprendre les mesures sanitaires mises en place, mais également de les évaluer à travers les opérations assurées par d’autres compagnies partenaires», a indiqué la coordinatrice provinciale duPNHF.

Elle a souligné qu’à l’issue de l’évaluation de la situation, il a été conclu que les dispositifs de contrôle étaient effectivement en place, d’où la nécessité de renforcer ces mesures et de veiller à leur application avec davantage de rigueur.

«L’objectif n’est pas de compliquer le voyageur, mais de garantir que toutes les mesures de prévention soient effectivement respectées par chaque passager, sans exception. Chaque voyageur est désormais tenu remplir sa fiche sanitaire et de se soumettre à l’ensemble des contrôle prévu avant de poursuivre son parcours de voyage», a conclu Mme Lembwadio. ACP/Yoha/Life

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