Kinshasa, 30 mai 2026 (ACP).- La refonte profonde des institutions et l’adoption d’une culture de puissance pour rendre plus efficace la politique étrangère de la République démocratique du Congo face à l’instabilité dans la région des Grands Lacs ont fait l’objet d’un plaidoyer, samedi, lors d’une soutenance de thèse à l’Université pédagogique nationale (UPN).
« Dès lors, l’objectif principal de cette thèse est de plaider en faveur d’une refonte profonde des institutions politiques, administratives et des services de défense et de sécurité de la République démocratique du Congo. Cette refonte devrait s’accompagner de l’intégration d’une vision idéologique forte, fondée sur la culture de puissance, et guidée par un principe cardinal : +ne jamais trahir la nation congolaise+ », a déclaré le chef de travaux Delphin Kalukanda, auteur de la thèse.
Il a fait savoir qu’une telle orientation permettrait de renforcer la cohésion nationale, d’améliorer la gouvernance, de garantir l’intégrité territoriale et de promouvoir le rayonnement international du pays
Le récipiendaire a estimé que la consolidation d’une politique étrangère efficace et crédible pour la RDC passe nécessairement par l’adoption d’une vision stratégique cohérente, réaliste et résolument orientée vers la défense de la souveraineté nationale.
« Cette consolidation exige une transformation en profondeur des mentalités et des pratiques institutionnelles, afin de faire émerger un État capable de s’affirmer comme un acteur influent et respecté sur la scène régionale et internationale », a ajouté M. Kalukanda.
Intitulée « Politique étrangère de la République démocratique du Congo face à la dynamique sécuritaire des Etats de la Sous-Région des Grands Lacs africains : Esquisse praxéologique d’un modèle de culture de puissance », l’étude a proposé une lecture réaliste de l’action extérieure de l’État congolais.
L’auteur l’a analysé comme un instrument stratégique de projection de puissance visant à assurer la survie, la sécurité, la prospérité économique et le rayonnement diplomatique du pays.
Un paradoxe congolais
Selon le récipiendaire, la thèse met en évidence un paradoxe majeur : la RDC dispose d’importants atouts, notamment des ressources stratégiques telles que le coltan, le cobalt et l’or, mais reste confrontée à des conflits armés transfrontaliers qui fragilisent son intégrité territoriale.
Ces conflits, alimentés par des intérêts économiques illicites et des réseaux criminels transnationaux, traduisent la convoitise autour des richesses du pays ainsi que les failles structurelles de l’appareil étatique.
L’auteur a également relevé plusieurs vulnérabilités organisationnelles, notamment un déficit de coordination stratégique, une insuffisance de planification opérationnelle et une faiblesse des capacités institutionnelles au sein des structures politiques, administratives ainsi que des services de défense et de sécurité.
Face à ce constat, la thèse a mobilisé la notion de « culture de puissance » comme cadre conceptuel central.
« Définie comme une vision idéologique, stratégique et comportementale, elle doit orienter l’action de l’État et de ses dirigeants. Elle est présentée comme l’âme, le cerveau et la force motrice permettant à l’État d’anticiper et de répondre aux défis géopolitiques, géoéconomiques, militaires et diplomatiques », a-t-il expliqué.
Après débat et délibération, Delphin Kalukanda a été proclamé docteur en Relations internationales avec la mention « grande distinction ».
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