Kinshasa, 16 juin 2026 (ACP).- Huit cent huit (808) cas de maladie à virus Ebola confirmés, dont 192 décès, ont été enregistrés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans la l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé lundi le ministre de la Santé publique, lors d’un briefing de presse à Kinshasa, la capitale.
« C’est le 15 mai dernier que nous avons officiellement annoncé cette épidémie. Deux jours plus tard, l’OMS avait confirmé que l’épidémie avait traversé nos frontières pour toucher l’Ouganda. Quand nous avons déclaré l’épidémie, il y avait déjà trois (3) zones de santé touchées : Bunia, Rwampara et Mongwalou, qui reste l’épicentre. Pour résumer la situation, nous avons 808 cas confirmés dans les trois provinces, 192 décès, 363 personnes hospitalisées pour l’instant, et plus de 50 patients guéris »,a déclaré Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique.
Le taux de létalité est estimé à 23 %, ce qui correspond, selon le ministre, à environ 80 % de chances de survie en cas de prise en charge précoce.
Selon le ministère de la Santé, l’épidémie touche actuellement 31 zones de santé réparties dans ces trois provinces du pays, avec une forte concentration en Ituri, où se situe l’épicentre de Mongwalou.
« Des cas sont également signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec une intensité moindre. La riposte s’intensifie et l’augmentation du nombre de cas confirmés reflète également une meilleure détection communautaire », a-t-il ajouté.
M.Kamba a indiqué que la riposte fait face à plusieurs défis majeurs, notamment la résistance communautaire.
Il a insisté sur la nécessité, pour les chefs coutumiers, de sensibiliser les populations afin de leur faire comprendre que la maladie n’est ni inventée ni d’origine mystique, mais bien une infection virale réelle nécessitant une prise en charge médicale rapide.
« Plus les malades se présentent tôt, plus ils ont de chances de guérir », a-t-il souligné.
Le ministre a également dénoncé la persistance de certaines communautés qui continuent d’organiser des enterrements traditionnels sans mesures de sécurité, ce qui constitue un important facteur de contamination.
Il a appelé les chefs coutumiers à sensibiliser davantage leurs communautés à l’importance des enterrements dignes et sécurisés.
« La surveillance des contacts constitue également un défi important. Le taux de suivi actuel est estimé à 63 %, alors que l’objectif est de 95 % », a précisé le ministère.
Pour améliorer cette situation, il a annoncé que 1 200 relais communautaires ont déjà été formés, dont 1 000 déployés sur le terrain.
« Ce chiffre devrait atteindre 1 300 dans les prochains jours, avant de se chiffrer en plusieurs milliers début juillet. Ces relais, déployés à raison de 15 à 20 par aire de santé, sont chargés d’identifier et de signaler les cas suspects au sein des communautés », a-t-il dit.
Il a conclu en indiquant que les défis logistiques sont actuellement sous contrôle, les équipements étant disponibles mais nécessitant un déploiement progressif sur le terrain.
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