RDC : la protection des écosystèmes, une prévention essentielle contre les futures épidémies et pandémies (Le prof. Muyembe)

Kinshasa, 26 septembre 2026 (ACP).- La protection des écosystèmes constitue un moyen essentiel de prévention contre les futures épidémies et pandémies, a souligné samedi le président de l’Académie congolaise des sciences (Accos), lors d’un atelier consacré à l’environnement et au développement durable à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.

« Si vous protégez la santé humaine, la santé animale, la santé végétale et la santé des écosystèmes, vous faites de la prévention pour les épidémies et les pandémies qui viennent. Nous devons tous nous engager dans cette voie de recherche pour l’intérêt de nos communautés, de notre population et surtout pour le développement de notre pays », a déclaré le professeur Jean-Jacques Muyembe, président de l’Accos et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).

Il a souligné la nécessité d’une approche multidisciplinaire de la recherche, impliquant notamment les sciences sociales, afin de contribuer à la résolution des problèmes auxquels sont confrontées les communautés.

« La santé publique doit recourir aux experts de sciences sociales. Les anthropologues, les psychologues, les communicologues doivent faire partie de notre équipe de recherche. (…) Nous ne faisons pas de la recherche pour notre propre gloire. Nous faisons de la recherche pour résoudre les problèmes de la communauté », a-t-il ajouté.

Selon le président de l’Accos, cette approche doit permettre aux chercheurs de mieux identifier les besoins de la population dans différents domaines, notamment l’agriculture, la santé et l’environnement, et de proposer des solutions adaptées.

Cet atelier intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo, considérée comme un pays à fort potentiel dans la lutte contre le changement climatique, doit relever le double défi de préserver son patrimoine naturel et de s’intégrer davantage dans l’économie numérique mondiale.

Les travaux ont notamment porté sur les possibilités offertes par les technologies numériques et l’intelligence artificielle dans le suivi des écosystèmes, l’optimisation de l’agriculture, la gestion des risques naturels et l’amélioration de la gouvernance environnementale.

L’Accos a relevé, à cet effet, l’émergence de technologies dites disruptives, notamment l’intelligence artificielle, le Big Data, la modélisation environnementale par satellite et l’Internet des objets (IoT), susceptibles d’apporter de nouvelles solutions dans la gestion des ressources naturelles.

Toutefois, les experts ont également relevé plusieurs défis liés à cette transformation numérique, notamment l’empreinte énergétique et carbone des infrastructures numériques, la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques, ainsi que les questions d’éthique, de souveraineté des données et de gouvernance juridique.

L’objectif de cet atelier était de réunir la communauté scientifique, les décideurs publics, le secteur privé et la société civile autour d’une réflexion prospective sur l’interaction entre le numérique, l’intelligence artificielle, l’environnement et le développement durable en RDC.

Il s’agissait également de dégager des orientations stratégiques et des mécanismes d’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle au service de l’environnement et du développement durable.

À l’issue des travaux, l’Accos prévoit l’élaboration d’une note d’orientation stratégique destinée aux autorités publiques et aux décideurs, afin de contribuer à la définition des politiques et stratégies dans ce domaine.

Plusieurs thématiques liées à l’environnement, au développement durable, au numérique et à l’intelligence artificielle ont été examinées par les experts au cours de cet atelier. ACP/Ng

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