Beni, 14 juillet 2026 (ACP).- La décision, par l’Ouganda, de fermer la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) suite à l’épidémie d’Ebola a engendré plusieurs perturbations socio-économiques en la cité de Kasindi, en territoire de Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est du pays, a indiqué mardi à l’ACP le rapporteur général de la société civile forces vives.
« Depuis la fermeture de la frontière entre la RDC et l’Ouganda, il y a une forte perturbation des activités socio-économiques dans la commune de Kasindi-Lubirihya, qui est une zone dans laquelle la population dépend, d’une manière générale, du trafic transfrontalier. Cela signifie que chaque jour, il y a des sujets congolais qui se rendent en Ouganda pour exporter des produits agricoles tels que l’huile de palme, les balais, les régimes de bananes et d’autres produits comme le café et le cacao. Il en est de même pour les Ougandais qui exportent vers ici des produits manufacturés et d’autres produits agricoles », a fait observer Paul Zaidi.
Selon cet acteur des forces vives, « d’une manière générale, la fermeture de la frontière entre la RDC et l’Ouganda constitue une option qui cause préjudice, notamment aux citoyens moyens qui ont vu les prix des produits de première nécessité galoper. Une tomate qui se négociait à 100 fc a vu son prix passer du simple au double, au triple, voire au quadruple ».
Le prix de la farine de maïs a également été affecté au point qu’un sac de 25 kg qui coûtait l’équivalent de 10 $, s’achète actuellement entre 14 et 16 $, selon la qualité du produit.
« Il y a plusieurs produits de première nécessité dont les prix ont sensiblement grimpé et, au-delà de ça, les Congolais résidant en Ouganda et dont les enfants étudient au Congo ont été confrontés à d’énormes difficultés ; de même que les enfants congolais habitant Kasindi mais qui étudient en Ouganda. Au niveau de la société civile, cette fermeture de la barrière est considérée comme étant un obstacle par rapport à la vie socio-économique de la population de Kasindi qui dépend généralement du mouvement transfrontalier », a ainsi déploré Paul Zaidi, pour qui cette situation impacte négativement les opérations d’import-export.
Mesures barrières partiellement respectées
S’agissant de l’observance des mesures barrières décrétées par les autorités sanitaires puis renforcées par un arrêté du gouverneur de la province du Nord-Kivu, le rapporteur général de la société civile forces vives de la commune de Kasindi a dénoncé un léger relâchement, notamment au niveau du marché central de Lubirihya.
« Dans le marché public de Lubirihya, qui accueille 4 000 à 6 000 personnes chaque mardi et vendredi, il y a des dispositifs de lavage des mains, malheureusement qui ne sont pas ravitaillés en eau », a encore déploré M. Zaidi, pour qui ces outils semblent être devenus fantaisistes.
La même situation s’observe au niveau du centre de négoce réservé à la vente des bananes, où les deux dispositifs de lavage des mains peinent également à être ravitaillés régulièrement en eau.
La non-observance de la distanciation sociale à certains endroits, l’inexistence de kits de lavage des mains au niveau de certaines écoles et églises, ainsi qu’aux points de déchargement des marchandises, sont des faits nécessitant une attention particulière dans la commune de Kasindi où, heureusement, aucun cas suspect n’a été notifié à ce jour.
Conscient de l’existence de la maladie à virus Ebola, le rapporteur général de la société civile forces vives de la commune de Kasindi a ainsi appelé à la stricte observance des mesures barrières pour vaincre cette maladie meurtrière, mais guérissable si elle est vite détectée.
ACP/K S/kms

